Goncourt et Renaudot: les deux livres à lire cet hiver

©Kees van de Veen

Le prix Goncourt, le plus prestigieux de l'édition francophone, a été décerné à Mathias Enard pour son roman "Boussole". Delphine de Vigan a, de son côté, reçu le prix Renaudot pour "D'après une histoire vraie".

Mathias Enard a remporté le prix Goncourt 2015 pour son ambitieux roman "Boussole". Il y revient sur les échanges incessants entre l'Orient à l'Occident. Le livre, enfiévré, tient parfois du poème et tend à pencher par moments vers l'essai érudit. 

"Je suis extraordinairement heureux. C'est une grande surprise (...) c'est un tourbillon qui s'abat, un tourbillon de joie et d'allégresse."
Mathias Enard
Prix Goncourt 2015

Boussole, "c'est un roman, une histoire d'amour savante pour donner un côté érotique au partage du savoir", explique l'auteur. L'histoire est racontée pendant une nuit, à l'image des "Mille et Une Nuits", via les souvenirs d'un musicologue épris d'Orient.

©AFP

L'écrivain n'était pas le favori, mais 7 des 16 critiques interrogés par Livres Hebdo ont affirmé qu'il "mérite" le prix. En septembre, il a reçu le prix des libraires de Nancy-Le Point. Or, depuis 2013, les lauréats de ce prix ont été récompensés ensuite par le Goncourt.

Le nom du vainqueur a été dévoilé ce mardi au restaurant Drouant à Paris. Il succède ainsi à Lydie Salvayre qui avait remporté le Goncourt en 2014 pour son roman sur la guerre d'Espagne, "Pas pleurer".

Broussailleux, cheveux en bataille, large carrure, Mathias Enard, 43 ans, est un écrivain qui ne passe pas inaperçu. 

Né en 1972 à Niort, dans l'ouest de la France, il est depuis toujours attiré par l'OrientAvant de s'installer à Barcelone (depuis 2000) où il enseigne l'arabe, il a vécu à Berlin et à Beyrouth.

Ses œuvres:
• "La perfection du tir" (2003) est son 1er roman. Il y évoquait le Liban. 
• "Zone " (2008) avait pour thème la violence de la guerre. 
• "Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants" (2010) parlait des échanges esthétiques et culturels entre Orient et Occident.
 "Rue des voleurs" (2012) racontait le destin d'un jeune réfugié marocain en Europe.

Interrogé récemment par le magazine Lire, Mathias Enard a déclaré qu'il comptait fermer le cycle sur les rapports entre l'Orient et l'Occident pour s'intéresser à l'identité de la France.

©doc

Mathias Enard reçoit donc un chèque de... 10 euros. Mais l'enjeu est ailleurs: un roman estampillé Prix Goncourt se vend en moyenne à environ 400.000 exemplaires.

Il supplante ainsi l'écrivain franco-tunisien Hédi Kaddour (pourtant considéré comme le favori) pour son roman "Les prépondérants" (Gallimard), Tobie Nathan pour "Ce pays qui te ressemble" (Stock) et Nathalie Azoulai, seule femme du groupe, avec "Titus n'aimait pas Bérénice" (POL). Tous ces romans parlaient des relations compliquées entre l'Occident et l'Orient.

L'Algérien Boualem Sansal, auteur de "2084" (Gallimard), livre dévoilant un monde livré à un Etat religieux fanatique, a reçu jeudi dernier le grand prix du roman de l'Académie française. Bernard Pivot, le président de l'Académie Goncourt, en avait son favori pour le titre, mais "il lui a manqué une voix" pour être retenu dans la sélection finale, a-t-il expliqué.

Delphine de Vigan remporte le Renaudot

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Le prix Renaudot a également été attribué ce mardi à Delphine de Vigan pour son roman "D'après une histoire vraie" (JC Lattès). A 49 ans, elle était la seule femme en lice. Son livre a déjà été vendu à plus de 107.000 exemplaire, un des meilleurs chiffres de la rentrée. 

"D’après une histoire vraie" met en scène Delphine, une romancière qui a connu un succès qu’elle n’attendait pas et qui a du mal, beaucoup de mal, à s’en remettre. Faille par laquelle L. vient se greffer dans sa vie.

Elle remporte ainsi le titre aux dépens de Laurent Binet pour "La septième fonction du langage" (Grasset), de Christophe Boltanski ("La cache", Stock), Fabrice Guénier ("Ann", Gallimard) et de Philippe Jaenada ("La petite femelle", Julliard).

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