interview

Grégory Laurent | La Foire du livre en 3 questions

©doc

La Foire du livre de Bruxelles a ouvert ses portes jeudi. Afin de saisir tout le sens de cette édition, nous avons rencontré Grégory Laurent, commissaire général de la FLB.

Ayant pour thème "Sur la route", la question de la migration et de la libre circulation des personnes est le point d’orgue de cette édition.

La FLB: "Concept Fair"?


La foire a tendance à devenir un festival: en 4 jours, nous proposons plus de 300 rencontres, dont une centaine d’activités, spectacles, expositions et animations pour les familles et les jeunes. Un panel foisonnant qui possède un côté "caverne d’Ali Baba" et implique que les visiteurs fassent des choix, comme dans tout festival. Notre site permet à chacun de sélectionner ce qui l’intéresse pour créer son propre programme et notre équipe élabore des propositions variées, centrées autour de l’humain et du récit, ce qui remet en perspective la dimension commerciale. La Foire du livre n’est pas le Salon de l’auto ou du chocolat, mais un foyer d’animations culturelles pour tout le monde, dont la gratuité est acquise depuis deux ans.

L’avenir de la foire se joue dans cette collaboration de plus en plus étroite avec les lecteurs.
Grégory Laurent
Commissaire Général de la FLB

Le thème de cette année: "Sur la route"?


C’est une thématique transversale qui offre de nombreuses possibilités de programmation: "Sur la route" évoque évidemment Jack Kerouac, porte-parole de la "Beat Generation", et le plaisir de voyager. En ce sens, nous clôturons ainsi un cycle de trois ans, après avoir traité du bonheur et du réenchantement, mais c’est aussi une question plus politique qui fait écho à une actualité brûlante – celle de la libre circulation des personnes –, et qui participe d’une certaine philosophie de société et d’un engagement civil manifeste à Bruxelles.

Le choix d’Asli Erdogan comme présidente d’honneur est significatif et symbolique, et notre proximité avec le parc Maximilien nous pousse à organiser des forums de discussion avec des auteurs concernés par la question des migrations. Ce qui est beau dans l’art et la littérature, c’est qu’on peut témoigner, apporter son récit singulier – ce que les médias ne rendent pas de la même manière. Nous voulons travailler dans la durée, par un projet d’écriture qui offre à des auteurs et dramaturges réfugiés en Belgique la possibilité d’écrire leur témoignage. Certains de ces textes seront lus en clôture de la foire ce dimanche et en 2019 devrait paraître un recueil de ces récits.

Quels nouveaux publics?


Au-delà d’être familiale, la foire est de plus en plus axée vers les jeunes qui se réunissent sur le web pour échanger leurs coups de cœur. Nous voulons mettre en évidence ces communautés de lecteurs qui s’organisent spontanément, d’où la chasse aux 1.000 livres, organisée cette année en amont de la foire, ainsi que notre partenariat avec Babelio. L’avenir de la foire se joue dans cette collaboration de plus en plus étroite avec les lecteurs, en les prenant comme point de départ de notre programmation et en organisant des activités qui les fédèrent.

La Foire du livre de Bruxelles, jusqu’au 25/02 à Tour & Taxis. Inscription gratuite sur www.flb.be.

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