Il est trop fort, cet Imbattable!

Couverture "Imbattable 3".

Pascal Jousselin est le premier surpris du succès et de la longévité de son personnage dont il parvient à renouveler l'humour en tordant tous les codes de la BD.

L'espace blanc entre les cases est, dans l'univers de la bande dessinée, celui des limbes laissés à l'imagination du lecteur. C'est là que se loge le déroulé de l'action, le passage du temps, le mouvement... Cela fait partie des codes du média, même si depuis le temps que la BD anime les pages d'albums, ce principe a été maintes fois bousculé ou remis en question. Après tout, un code n'est pas un dogme...

C'est en jouant de ces codes que Pascal Jousselin construit ses récits pour "Imbattable". Cela commence comme un gag, et c'en est un. Et si un "superhéros" avait le pouvoir de passer d'une case à l'autre, indépendamment de leur chronologie? Alors qu'il a à peine terminé sa pâte, il n'aurait ainsi qu'à se baisser pour rattraper dans sa poêle, la crêpe qu'il a lancée un peu fort à la case du dessous. Question de timing et d'espace. Vous me suivez?

"Imbattable 3"

Seuls mécanismes du gag, les codes, souvent techniques propres à la bande dessinée classique: l'espace entre les cases bien sûr, mais aussi, un trou dans une page, ou, nouveauté, l'encrage spécifique du vernis sélectif qui permet de faire évoluer une ombre fantôme dans les pages.

D'une dizaine de gags à trois tomes

Lorsqu'il a proposé l'idée et les premières planches à la rédaction de Spirou, Jousselin n'y croyait pas trop. "Je pensais faire une dizaine de gags de ce style, tout au plus. Mais ils se sont enchainés d'une semaine à l'autre. Avec de temps à autre, une histoire courte de quelques planches. L'univers s'est enrichi... Et finalement, nous en sommes à trois albums depuis 2013...", s'étonne l'auteur.

"Au début, je pensais faire une dizaine de gags de ce style, tout au plus."
Pascal Jousselin
Auteur de "Imbattable"

Rondouillard, affublé d'un costume jaune criard et d'un masque noir, Imbattable n'a rien d'un superhéros à l'américaine. Il serait plutôt l'archétype du franchouillard des familles. Son univers se limite à une banlieue pavillonnaire, bien pépère et familiale, façon Boule et Bill. Quand il ne sauve pas la veuve, l'orphelin ou le chat de la voisine, Imbattable se fait des crêpes, déguste le poulet du dimanche ou discute le coup avec ses amis; Jean-Pierre, le gendarme, ou Toudi, doté lui aussi de superpouvoirs.

Nouveaux personnages

Progressivement cet univers bien tranquille s'est enrichi de nouveaux personnages, parfois dotés, eux aussi, de "superpouvoirs". Il y a Toudi, on l'a dit, capable de jouer sur la profondeur des cases. Et, nouvelle dans ce tome 3, Invincible, cambrioleuse par ennui, qui profite des récitatifs (ces cases hors texte, qui précise le lieu ou le temps de l'action, si chères à Jacobs notamment) pour se déplacer à sa guise d'un lieu et d'un moment à l'autre.

"Je dois parvenir à garder la logique du récit tel que vécu par les autres personnages, qui ne disposent pas des superpouvoirs d'Imbattable."
Pascal Jousselin

Ce qui à l'air particulièrement simple et enfantin sur papier, ne l'est évidemment pas, dès le moment où il s'agit de décliner le principe sur les 48 planches que compte l'album. "Je dois parvenir à garder la logique du récit tel que vécu par les autres personnages, qui ne disposent pas des superpouvoirs d'Imbattable, alors que lui peut se balader d'une case à l'autre et donc enclencher une autre action...", témoigne Jousselin. Trouver une logique dans ce qui ne l'est pas en somme...

Humour

"Imbattable"

Pascal Jousselin, Dupuis, 48 p., 10,95 €

Note de L'Echo: 3/5

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