Joker-Batman, les meilleurs ennemis

©DARGAUD

Après un premier tome franchement intéressant, Marini se devait de confirmer tout le bien que l’on pensait de "son" Batman. Et effectivement, le dessinateur italo-suisse, qui s’était déjà imprégné de l’univers batmanien avec les "Rapaces", fait mieux que cela.

"Batman - The Dark Prince Charming, tome 2"

Marini
Dargaud DC Comics
15 euros
Note: 4/5

Derrière son scénario plutôt bien ficelé, Marini s’amuse à approfondir la relation plutôt ambiguë qui unit Batman et Joker. "L’un et l’autre sont des alter ego, les deux faces d’une même carte. Comme tous bons et mauvais, ils se définissent l’un par l’autre", explique Marini. Comme le dit le génial Joker, "On est défini par ses ennemis. Plus ils sont forts et plus il est agréable de les vaincre".

Et dans ce diptyque, Marini s’en donne à cœur joie. Son Joker est plus fou et méchant que jamais. Ce qui le rend d’ailleurs plus attachant que Bruce Wayne (Batman) en proie à des questions existentielles qui le fragilisent. Avec quelques scènes "d’anthologie" comme cette apparition du Joker en drag-queen lors d’un rendez-vous avec Wayne qui pourrait faire date dans l’univers de Gotham.

Marini jongle et s’amuse visiblement avec les codes du genre et de cette mythologie. "Les superhéros sont des demi-dieux quasi invincibles, mais des personnages éternels. Ce qui ne veut pas dire que l’on peut en faire ce que l’on veut. Il faut toujours rester lisible et retrouver le lecteur", précise Marini.

Dans ce second tome, Marini intègre le personnage de Catwoman, par plaisir d’abord, comme ressort du récit ensuite. "Dès le départ, je voulais utiliser ce personnage. Elle donne une part de sensualité supplémentaire au récit. Comme Harley Quinn d’ailleurs. Elles sont les parts féminines de Batman et de Joker en somme."

Passé cet épisode dans sa carrière, et malgré le plaisir qu’il y a pris, Marini se réjouit de revenir à ses propres personnages. "Avant qu’on me propose Batman, je voulais faire un polar bien noir. Je n’ai pas écarté l’idée, même si dans ce Batman, il y avait un côté très polar et très noir aussi. Mais là, il me tarde de revenir aux ‘Aigles de Rome’ ou au ‘Scorpion’."

Et sans doute restera-t-il quelque chose de Batman dans son style. "Il y a des chances… On ne sort pas de cette expérience totalement indemne. Il en restera donc sans doute quelques influences dans la mise en page et la construction des planches notamment." Et inversement, son apport fera-t-il date dans l’univers de DC Comics? Marini reste modeste et réaliste. "Je ne suis pas le premier à avoir évoqué une paternité de Wayne. Mon histoire se tient et se termine. Pour le reste, DC en fera ce qu’il veut"

 

©DARGAUD

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