Publicité

Joyce Maynard reçoit le Grand Prix de Littérature Américaine pour "Où vivaient les gens heureux"

L'autrice Joyce Maynard. ©©Philippe MATSAS/Leemage

"Où vivaient les gens heureux", de l'excellente autrice américaine Joyce Maynard, publié aux éditions Philippe Rey, c'est 40 ans de la vie d’une femme!

Après Stephen Markley et Kevin Powers, c’est au tour de la romancière Joyce Maynard de recevoir ce prix créé en 2015, qui récompense chaque année un roman américain traduit en français. Deux autres romans étaient en lice pour cette édition: «Les Prophètes» de Robert Jones Jr., et «Olive, enfin» d’Elizabeth Strout. Composé de plusieurs critiques littéraires, éditeurs et libraires, le jury a salué la grande subtilité avec laquelle Joyce Maynard explore dans ce livre la gamme des sentiments à travers le portrait d’une femme, des années 1970 à aujourd’hui: une réflexion sur le couple et sur la famille, qui restitue avec finesse tout ce dont sont faites nos vies, face à un monde et une société en perpétuel mouvement.

Traduit par Florence Lévy-Paoloni, «Où vivaient les gens heureux», est le dixième roman de cette native du New Hampshire, jeune prodige salué par le monde littéraire dès ses 18 ans, et dont on n’a pas oublié l’excellent «Long week-end» paru en 2010, ni «Les filles de l’ouragan», en 2013. Mais c’est sans doute son autobiographie «Et devant moi, le monde», qui constitue son livre le plus marquant. Publié en 1998 et traduit en français en 2011, ce récit décrypte la liaison dévastatrice que Joyce Maynard a vécue avec le célèbre écrivain J. D. Salinger dans les années 1970.

Salon Fnac Livres 2021 : Joyce Maynard, l’écrivaine des grandes héroïnes

Bien avant #MeToo, l’autrice y expose sa rencontre, à 18 ans, avec l’auteur de «L’attrape-cœurs», alors âgé de 53 ans. S’ensuit une correspondance soutenue entre la jeune étudiante et l’auteur-culte, qu’elle finit par rejoindre pour partager son isolement. Mais la romance vire au toxique et se termine dans la cruauté... 25 ans plus tard, divorcée et mère de trois enfants, la romancière analyse, avec une franchise jugée choquante par certains, son combat désespéré pour retrouver son équilibre intérieur après que Salinger l’a congédiée. Une parole annonciatrice d’autres témoignages bien plus récents – comment ne pas penser au «Consentement» de Vanessa Springora? –, qui apporte un éclairage neuf sur cette idole des Lettres américaines qu’est J. D. Salinger.

"Ce roman est né du désir, ou plutôt du besoin, d’explorer l’histoire d’une famille ressemblant à la mienne. Comment le temps et les aléas influencent-ils la vie de chacun de ses membres? Comment ont-ils influencé ma propre vie?"
Joyce Maynard
Autrice

Dans son dernier roman, Joyce Maynard poursuit son exploration des liens intimes et familiaux en se penchant sur une famille «semblable à la sienne», autrement dit dysfonctionnelle – un passé personnel qu’elle décortiquait déjà dans son autobiographie. Elle y suit le destin d’une femme, Eleanor, jeune artiste à succès qui devient mère de trois enfants et se donne corps et âme pour les siens, jusqu’au jour où survient un terrible accident… «Je n’ai jamais été aussi enthousiaste à l’idée de partager une histoire avec mes lecteurs», confie l’autrice. «Le rêve de ma vie, le plus grand et le plus obstiné, était de fonder une famille et d’offrir à mes enfants la vie que je n’ai pas connue. Ce roman est né du désir, ou plutôt du besoin, d’explorer l’histoire d’une famille ressemblant à la mienne. Comment le temps et les aléas influencent-ils la vie de chacun de ses membres? Comment ont-ils influencé ma propre vie?»

Le résultat donne un récit bouleversant, qui relie les évolutions de ses personnages à celles de la société américaine – libération sexuelle, avortement, émancipation des femmes – et jusqu’à l’émergence du mouvement #MeToo…

Roman

«Où vivaient les gens heureux»
Joyce Maynard

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Florence Lévy-Paoloni, éditions Philippe Rey, 560p., 24 euros

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés