Kathleen Collins, une rareté exhumée par les éditions du Portrait

Kathleen Collins ©Editions du Portrait

Après le "Journal d’une femme noire", les éditions du Portrait publient "Happy Family", recueil posthume de l’autrice afro-américaine Kathleen Collins.

On la découvrait l’été dernier avec son "Journal d’une femme noire", qui a suscité un très grand engouement critique. Disparue en 1988, Kathleen Collins, dramaturge, poétesse et cinéaste afro-américaine, a laissé derrière elle des textes d’une liberté absolue sur la psyché de la femme noire. Mêlant fiction et non-fiction, son premier livre permettait de découvrir l’œuvre de cette figure méconnue de la lutte pour les droits civiques. Portées par ce fulgurant succès, les éditions du Portrait livrent aujourd’hui une autre pépite – ce sera la dernière – de cette autrice restée si longtemps dans l’ombre.

"Happy Family" réunit douze nouvelles reliées par un même fil rouge, celui de l’exploration, par la multiplication des points de vue, des univers intérieurs des personnages, en lutte avec un monde souvent séduit par les simplifications. Dans cette société américaine à peine affranchie de la ségrégation et des lois Jim Crow, les Afro-Américains peuvent enfin exercer leurs droits civiques et reprendre le contrôle de leur vie.

La grande intelligence de Kathleen Collins est de plonger avec sagacité le lecteur dans la psyché de personnages qui, tous, tentent de se libérer du regard d’autrui.

Le poids silencieux de l’Histoire

Cette nouvelle liberté suscite une exaltation mise en scène à travers les relations amoureuses et familiales d’une femme noire installée à New York. Elle y fait l’expérience de la différence, d’une autre vie et parfois d’une autre couleur de peau, s’exposant à des réactions diverses, infimes ou démesurées, qui lui font ressentir le poids silencieux de l’Histoire. La grande intelligence de Kathleen Collins est de plonger avec sagacité le lecteur dans la psyché de personnages qui, tous, tentent de se libérer du regard d’autrui. Leurs interactions à la fois intimes et politiques dénoncent le discours blanc dominant sans omettre les faiblesses des idéologies afrocentrées.

Développant un intérêt tout particulier pour la littérature afro-américaine, les éditions du Portrait annoncent d’autres titres forts pour les mois à venir: "Le discours de Stockholm" de Toni Morrison sortira en librairie en 9 avril, suivi à l’automne par "La dernière interview de James Baldwin" par Quincy Troupe et "Begin Again" d’Eddie Glaude.

Nouvelles

"Happy Family"

Kathleen Collins, Éditions du Portrait,

150 p., 15 euros.

Note de L'Echo: 4/5

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