"Kennedy et le dinosaure", le polar nostalgique de Michel Lauwers

Michel Lauwers, journaliste et auteur. ©Aude Vanlathem

Dans son nouveau polar, Michel Lauwers croise enquête familiale et enquête criminelle, et remonte à l'époque où des "pignonnistes", ancêtres des street-artists, peignaient à la main des publicités sur les murs de Bruxelles.

Michel Lauwers est journaliste à L'Echo et tout naturellement son héros, Henry Blain, tient la plume dans un quotidien qui ne crèche pas au troisième étage de Tour & Taxis mais à deux pas de là, dans l'ancienne usine Citroën du Square Sainctelette, jouant au chat et à la souris avec sa rédactrice en chef qui ressemble à celle que l'auteur a pu connaître au cours de sa carrière.

Dans "Kennedy et le dinosaure", son sixième roman qu'il publie chez Murmure des soirs, Michel Lauwers nous embarque donc dans une enquête journalistique qui démarre l'air de rien. Blain finalise une série d'articles sur les vestiges des publicités murales qui fleurissaient autrefois sur les pignons de Bruxelles lorsqu'il remarque en agrandissant une photo qui va l'illustrer que le lettrage d'une annonce pour le bitter Campari n'est pas aligné.

Michel Lauwers déroule patiemment les fils de sa double enquête et nous tient en haleine lorsqu'il les entremêle, rythmant son récit de descriptions à l'écriture travaillée qui donnent un côté pittoresque à son récit patiné par le temps.

Un décalage apparemment banal mais qui agit sur Blain comme le surgissement du fantastique dans une nouvelle de Mérimée. L'intuition en alerte, il va tâcher de percer ce mystère et, ce faisant, enclencher l'enquête de sa vie qui va le ramener... à l'assassinat de Kennedy, tué le 22 novembre 1963, quelques jours avant que le "pignonniste" chargé de peindre la publicité Campari ne soit retrouvé mort au bas de son échafaudage, avant d'avoir fini son ouvrage.

Michel Lauwers, "Kennedy et le dinosaure".

Remonter le temps

Et le dinosaure? Ces publicités murales ont rappelé à Henry Blain la fresque d'un diplodocus peint sur un mur du jardin de sa maison d'enfance et qui a survécu aux outrages du temps. Ce versant intime donne son épaisseur au polar et l'occasion d'une introspection sur le temps qui passe comme les couleurs de ces fresques, la magie de l'enfance, les métiers d'antan ou l'amour des amants.

Michel Lauwers déroule patiemment les fils de sa double enquête et nous tient en haleine lorsqu'il les entremêle, rythmant son récit de descriptions à l'écriture travaillée qui donnent un côté pittoresque à son récit patiné par le temps. Un peu abrupte, la fin n'en est pas moins ouverte et agit comme le cliffhanger d'un épisode de série: on attend la suite!

Roman policier

"Kennedy et le dinosaure"
Michel Lauwers

Murmure des soirs, 259p., 20 euros

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