L'astre des Lumières

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Philippe Richelle et Jean-Michel Beuriot s'attaquent à une biographie très documentée et tout en nuances de Voltaire, figure marquante du siècle des Lumières.

Anticlérical, libertin, pamphlétaire. Mécène, amant fidèle, dramaturge et poète, Voltaire est l’un des grands philosophes des Lumières, cette période qui précède et annonce la Révolution française et la chute de la monarchie absolue. Par leurs écrits, les Voltaires, d’Alembert et autres Diderot ont contribué à insuffler des idées nouvelles dans la société du 18e siècle.

"Voltaire, le culte de l’ironie"
  • Note : 4/5
  • Beuriot et Richelle
  • Casterman
  • 104 p.
  • 20 euros

Voltaire, plus que tout autre de ces philosophes, est un personnage haut en couleur. Et les auteurs de cette biographie qui se lit comme un roman pointent particulièrement les contradictions qui l’habitent. Il a tout d’un courtisan, sollicitant les bienfaits et la protection des puissants pour aider son ascension sociale, soutenir ses œuvres ou le tirer de mauvais pas, mais il ne se gêne pas pour cracher sur cette même cour dans des pamphlets acerbes. Généreux mécène qui assèche des marais pour les mettre à la disposition de cultivateurs, qui construit une école et même une église, il s’emporte lorsqu’on s’intéresse à l’origine de sa richesse, colossale pour l’époque, que l’on dit bâtie notamment sur le commerce des esclaves et l’usure…

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Au travers des discussions entre le philosophe et son biographe (fictif), Richelle distille dans son scénario les éléments de la personnalité complexe de Voltaire. Mais il s’attarde surtout sur la seconde partie de sa vie. En 1726, à la suite d’une rivalité amoureuse, il est embastillé et exilé en Angleterre. Il y découvre une société plus ouverte aux libertés individuelles, la monarchie parlementaire, la tolérance religieuse… Les bases de sa pensée philosophique qui se mue de plus en plus en pensée politique. Très documenté et basé sur les écrits du philosophe, le récit est rythmé par les épisodes marquant de l’affaire La Barre, du nom d’un jeune homme condamné à mort pour des actes prétendument blasphématoires. Ce fut l’un des derniers combats de Voltaire contre l’obscurantisme et l’injustice.

Jean-Michel Beuriot s’essaye avec une belle maîtrise à la couleur directe qui donne au récit une grande douceur. 

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