La défaite de 1940 vue par l'œil des combattants

Un album photo retraçant la campagne de mai et juin 1940 montre mieux que tous les discours à quel point l’armée française s’est battue pour repousser l’invasion allemande.

(L'Echo) - Voici un livre qui change, par l'image, l'idée que l'on se fait habituellement de la campagne de mai et juin 1940. "Non, l'armée française ne s'est pas déshonorée. Elle a combattu héroïquement un adversaire loin d'être aussi puissant et novateur que ce que l'on a pu croire et qui a payé très cher sa victoire." C’est ce qu’affirme l’auteur Christophe Dutrône, qui est historien, collectionneur et rédacteur en chef de la revue d’histoire militaire "La Ligne de front."

Un nouveau regard

Il figure parmi la nouvelle génération de chercheurs qui explore l'histoire militaire du 20e siècle avec un regard neuf, libéré des pesanteurs partisanes de tout ordre. Car immédiatement après l’armistice du 17 juin, la propagande de Vichy a fait croire que la supériorité mécanique et la puissance de feu allemande étaient telles que la défaite était écrite d’avance.

Cette idée a ensuite été reprise complaisamment après la guerre. Jusqu’à ce que l’historien américain Robert Paxton, à partir des années 80, ne vienne bousculer ces théories tenues pour acquises. Par ses travaux retentissants sur Vichy, il a en quelque sorte libéré la recherche sur la question en France. Aujourd’hui, chacun s’accorde pour dire que la défaite militaire était avant tout le résultat d’une crise morale profonde qui a poussé les élites politiques et militaires françaises de l’époque à jeter l’éponge prématurément.

Des clichés allemands

L’ouvrage de Christophe Dutrône propose une iconographie exceptionnelle, parce qu’entièrement inédite. La plupart des photos ont été prises par les combattants eux-mêmes, y compris allemands. L’Allemagne était à l’époque à la pointe au niveau de la photographie et les soldats de la Wehrmacht disposaient souvent d’appareils photographiques de premier ordre.

Notons enfin qu’un grand nombre de clichés ont été pris en Belgique, puisqu’une grande partie de l’armée française était stationnée dans notre pays avant d’être prise dans la nasse allemande et d’évacuer en catastrophe vers Dunkerque.

Jean-Paul Bombaerts

"Ils se sont battus, mai-juin 1940", Christophe Dutrône, éditions du Toucan, 224 pages, 39 euros

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