La fille de Steve Jobs dresse un portrait sans concession de son père

Steve Jobs et sa fille ©© Studio Publicity Film Stills

Dans son livre Small Fry, qui sort en librairie le 4 septembre, Lisa Jobs, la fille du célèbre Steve, dépeint son père comme un être froid et cruel. Une autre facette du personnage encore jamais révélée jusqu'ici.

Tu n’auras rien. Tu comprends? Rien”.

La scène se déroule dans les années 90. Lisa, la première fille de Steve Jobs, n’est encore qu’une adolescente. En voiture avec son père, elle lui demande si elle pourrait récupérer sa Porsche lorsqu'il ne l'utilisera plus - elle avait entendu dire que le fondateur d’Apple changeait de voiture à la moindre rayure. Sa réponse fuse, cinglante.

“J’étais une tache dans sa spectaculaire ascension."
Lisa Jobs

Dans son livre Small Fry, à paraître le 4 septembre aux Etats-Unis, Lisa Brennan-Jobs dépeint une autre facette de Steve Jobs, jamais racontée dans les ouvrages qui lui ont été consacrés. Elle dresse ainsi un portrait sans concession d’un père, parfois froid, parfois cruel avec une fille qu’il ne souhaitait pas reconnaître. “J’étais une tache dans sa spectaculaire ascension", regrette-t-elle.

Elle a entrepris l’écriture de son livre peu de temps après la mort de son père en octobre 2011. Elle justifie sa démarche par la biographie publiée par le journaliste américain Walter Isaacson. “J’y apparaissais comme indifférente à mon père et à ses problèmes de santé”, explique-t-elle dans un entretien accordé au New York Times. J’avais honte d’être le face sombre d’une si belle histoire, poursuit-elle.

“Ce n’est pas ma fille.”
Steve Jobs

Lisa Brennan-Jobs est née en 1978 dans une petite ferme de l’Oregon. Ses deux parents n’ont alors que 23 ans. Ce n’est pas ma fille”, assure alors Steve Jobs, qui vient de fonder Apple. En 1980, la justice américaine ordonne un test ADN, qui débouche sur le versement d’une pension mensuelle de 385 dollars.

Les avocats de mon père ont insisté pour clore le dossier. Quatre jours plus tard, Apple s’introduisait en Bourse et sa fortune dépassait les 200 millions de dollars”, explique-t-elle. “Avant même mes sept ans, ma mère et moi avions déménagé treize fois, de chambres chez des amis à des locations temporaires”, ajoute-t-elle.

A cette époque, son père se fait un peu plus présent. Il vient une fois par mois et l’amène faire du roller dans le quartier. “Il n’était pas généreux, ni en argent, ni en nourriture, ni en mots”, se souvient-elle. Un jour, alors lycéenne, elle lui demande si l’ordinateur Lisa d’Apple est nommé d’après elle. “Non”, lui répond son père, d’une voix “sèche et dédaigneuse”. Il ne lui avouera que dix ans plus tard.

“Ai-je échoué à retranscrire la tendresse de mon père et mon plaisir d'être à ses côtés?”
Lisa Jobs

Pour autant, Lisa Brennan-Jobs assure avoir pardonné son père, qui lui a présenté ses excuses avant sa mort - et laissé la même part d’héritage qu’à ses autres enfants. Et elle ne souhaite pas que son livre se résume à ces épisodes. “Ai-je échoué à retranscrire la tendresse de mon père et mon plaisir d'être à ses côtés?”, se demande-t-elle après la réception réservée, début août, aux premiers extraits.

Avant même sa publication, le livre suscite déjà la controverse. “Lisa fait partie de la famille, c’est donc avec peine que nous avons lu son livre qui diffère radicalement de nos souvenirs. Le portrait de Steve n’est celui du mari et du père que nous avons connu", regrettent Laurence Powell Jobs et Mona Simpson, respectivement épouse et soeur de l'ancien patron d'Apple.

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