La mort est ma compagne. L'épopée de Louis Zamperini

LECTURE. Certains hommes connaissent un destin pour le moins extraordinaire. A l’instar de Louis Zamperini. Sportif de haut niveau des années 30 puis pilote dans le Pacifique et devenu ensuite le héros de toute une nation.

" Lucky Louis. Louis la chance. Ce surnom m’a toujours collé à la peau. Il faut dire que mon aptitude à la survie est peu commune. "

Ainsi débute cette biographie de Louis Zamperini, fils d’immigrés italiens aux Etats-Unis et dont le destin est raconté dans ce document incroyable. Malgré le titre qui peut donner la fausse impression d’un récit de guerre, il n’en est rien. C’est plutôt le témoignage d’une personnalité aux capacités de survie étonnantes. Il débute par les années d’enfance d’un petit voyou qui trouve sa chance comme coureur du mile de haut niveau.

Recordman universitaire puis sélectionné pour participer aux JO de Berlin de 1936. Avant de rejoindre l’aviation américaine au moment de l’entrée en guerre des Etats-Unis. Au cours des missions de combat,Lucky Louis justifie à plusieurs reprises son surnom de " chanceux " jusqu’à ce jour fatidique du 23 mai 1943. Quand son appareil s’écrase en plein océan Pacifique. Le début de semaines de galère, sur un radeau avec un blessé à soigner. Puis survient la capture par les Japs et l’envoi d’un camp de prisonniers à l’autre.

Son récit illustre toute la difficulté des anciens prisonniers de guerre de pouvoir raconter leur calvaire. Sans aucunement minimiser le sort des prisonniers de guerre en Europe, ceux qui eurent le malheur de l’être aux mains des Japonais ont certainement vu à quoi ressemblait l’enfer sur terre. Le récit de ses deux années passées aux mains des Japonais, une éternité pour un homme, a le don de glacer d’effroi le lecteur. Comme le prouve cet extrait de son témoignage : " les tabassages brutaux aux poings ou à coups de bâton étaient quotidiens. Les Japonais utilisaient tous les moyens possibles pour briser notre volonté et notre dignité. Ceux qui étaient en charge des camps de prisonniers alliés étaient des paysans simples ou des tarés inaptes au combat. "

Libéré, d’autres problèmes surgissent : la haine tenace ressentie pour les Japonais, les cauchemars, le goût prononcé pour l’alcool destiné à se protéger des assauts de la mémoire….

" Mon seul exploit de la guerre, c’est d’avoir su rester en vie. Quant à savoir si quelque chose de bon est sorti de mes deux ans de captivé, je dirais qu’ils m’ont préparé à 53 ans de mariage. "

Une vie d’après-guerre qui va se métamorphoser en années de foi retrouvée et de pardon pour ses bourreaux japonais. Au travers des différents épisodes de sa vie, suffisants pour remplir à eux seuls les pages d’un livre, se dessinent également les rencontres de Louis Zamperini avec des personnalités radicalement différentes : Hitler à qui il serre la main en 1936, Pappy Boyington, as des Marines et prisonnier comme lui, ou Sinatra dont le portrait dressé est loin d’être flatteur.

" Les soldats ne meurent jamais, ils s’effacent lentement " a dit le général américain Douglas MacArthur. Dans le cas de Louis la chance, s’effacer n’est pas son truc. Le vieux soldat a l’intention de rester debout jusqu’à la fin. Pour affronter de nouveaux défis ? Comme si ceux racontés dans ce document, ode à la résistance, n’étaient pas encore suffisants pour pouvoir ébrécher sa force mentale.

Pour l’anecdote, l’ouvrage est préfacé par l’ancien candidat à la présidence américaine John McCain, pilote de chasse et héros d’une autre guerre (celle du Vietnam) qui a survécu, lui aussi, à la barbarie de ses gardiens, vietnamiens.

Philippe Degouy

philippe.degouy@lecho.be

La mort est ma compagne. L’incroyable destin d’un héros de la bataille du Pacifique. Par Louis Zamperini avec David Rensin. Préface de John McCain. Editions de l’Archipel. 24 euros. 366 pages.

 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés