La pop culture est riche d'enseignements philosophiques

En reprenant la thèse d’une sortie récente en philo, Simon Brunfaut, journaliste et philosophe, en tire une réflexion qui éclaire l’actualité. Cette semaine, "In Pop We Trust" de Marianne Chaillan.

Les séries, les films ou les héros de la culture populaire portent-ils des enseignements philosophiques? Dans son dernier ouvrage («In pop we trust», Éditions des équateurs), la philosophe Marianne Chaillan le démontre avec brio. Avant d’être président, Donald Trump était lui aussi un personnage de la culture populaire américaine. Il multipliait les apparitions à la télé, dans les films ou les séries. Il était devenu l’incarnation de cette société du spectacle décrite par Guy Debord: «Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui était directement vécu s’est éloigné dans une représentation.»

Essai

«In Pop We Trust. La philo par les grands classiques de la culture pop».
Marianne Chaillan

Éditions des équateurs, 256p., 19,00 euros. Essai paru le 28 octobre.

Note de L'Echo: 4/5

Héritier du quart d’heure de célébrité warholien, Trump, monstre bling-bling vidé de substance, a fini par se retourner contre cette industrie qui l’avait créé. Pour autant, il en a conservé les codes: sa présidence s’est ainsi bâtie sur un flux incessant d’images et de tweets. Face à cela, nous étions plongés dans un état de torpeur: il nous suffisait de citer ses phrases les plus hallucinantes en s’en moquant, de retweeter les fact-checking ou les images les plus grotesques du président américain. Mais de cela, précisément, il se nourrissait encore.

En politique, la vérité compte

Le week-end dernier, nous avons éprouvé un drôle de plaisir malsain en attendant avec impatience le dénouement de cette sinistre série où le mensonge et la vérité, la réalité et la fiction, étaient devenus interchangeables.

Héritier du quart d’heure de célébrité warholien, Trump, monstre bling-bling vidé de substance, a fini par se retourner contre cette industrie qui l’avait créé.

Quoi qu’on pense politiquement de Joe Biden, ce dernier n’a pas opposé un tweet ou un énième GIF à Trump, mais une parole, une réalité. Nous l’avions oublié: en politique, la vérité compte. Les Grecs, inventeurs de la démocratie, appelaient çà le «dire vrai» ou «le courage de la vérité» (parrêsia). À force de faire de la démocratie un spectacle ou un simple ensemble de règles formelles, on en oublierait presque qu’elle est avant tout une affaire d’éthique. Pour une fois, il a fallu donner tort à Freddie Mercury: «Show must not go on».

Marianne Chaillan, la Pop Philosophie et Tintin

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