La traque d'Adolf Eichmann

Lecture. Rédigé par le journaliste américain Neal Bascomb, cet ouvrage retrace la traque mise en place par les Israéliens pour retrouver, capturer et juger le nazi Adolf Eichmann, l'un des acteurs de la Solution finale . Un ouvrage bien documenté et qui se lit comme un bon roman.

Dès la fin des combats en Europe, en mai 1945, les Alliés mettent rapidement la main sur les plus célèbres chefs nazis. " Environ 700 individus figurant sur la liste des recherchés furent arrêtés chaque jour " souligne Neal Bascomb, journaliste américain et auteur du livre La traque d'Eichmann (publié chez Perrin). Beaucoup d’anciens nazis sont capturés par les Russes et déportés ou fusillés sur place. D'autres sont encore éliminés par des groupes de justiciers juifs, anciens déportés ou soldats alliés d’origine juive.

Dans ce climat de fin de règne, Adolf Eichmann, maître d'oeuvre de l'extermination des juifs, ne figure pas encore sur la liste des personnages de choix. Dans la confusion, il échappe ainsi aux recherches et disparaît dans la nature après son évasion d'un camp de prisonniers. Le début de 15 ans de cavale avant sa capture spectaculaire à Buenos Aires, refuge de milliers de criminels de guerre en fuite. Sous le nom de Ricardo Klement, il avait un travail, un toit, sa famille présente en Argentine.
Sur la base de témoignages, l’auteur détaille l’opération, risquée, des agents israéliens mise au pont pour ramener vivant Adolf Eichmann. Jusqu’au bout, ils auront des doutes quant à l’identité de leur cible ou de la réussite du plan. Des scénarios de fuite avaient été montés. Au cas où.

 

" Justice n’est pas vengeance "

Bien sûr, il aurait été très simple pour le commando israélien d’éliminer Eichmann à Buenos Aires. A l’instar des actions des justiciers juifs qui éliminèrent sans procès des anciens nazis ou des tortionnaires retrouvés. Mais le but des autorités israéliennes était de montrer au monde le visage de l’un des acteurs de l’Holocauste. Capturer cet homme fut un succès capital pour Israël et les début des services secrets, le fameux Mossad.

 

Après un procès fleuve tenu en mai 1962, Eichmann est pendu et son cadavre brûlé dans un four crématoire. Comme ses anciennes victimes.
Et pour éviter que l’on vienne se recueillir sur sa tombe, ses cendres sont ensuite dispersées en Méditerranée. Jusqu’au bout, le nazi n’a cessé de nier sa culpabilité : "j’ai participé à des actions dans la mesure où j’ai reçu des ordres et que j’ai dû les exécuter, mais du point de vue juridique, je ne peux pas me considérer comme coupable ou complice. " A chaque fois que l’on demandait à Eichmann s’il plaidait coupable ou non, il répondait invariablement : " au sens où l’entend l’accusation, non coupable. " Une méthode de défense déjà adoptée à Nuremberg par Goering. Et qui s'était déjà révélée peu concluante.

Philippe Degouy

philippe@degouy@lecho.be

 

La traque d’Eichmann. La plus grande chasse à l’homme de l’histoire. Par Neal Bascomb. Editions Perrin. 22 euros. 370 pages.

 

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