La voix enchantée de Victoire de Changy

Vue de Téhéran ©Sam Anvari

Moins de deux ans après son premier roman, "Une dose de douleur nécessaire", paru chez Autrement et finaliste du Prix Rossel, Victoire de Changy publie "L'île longue", récit aigu et aiguisé sur l’Iran.

ROMAN

Victoire de Changy, «L’île longue»

Note: 4/5

Editions Autrement, 200 p., 17 euros

Un roman "qui ouvre ou qui ferme. Qui tend ou qui prend". Une jeune Européenne monte dans un avion à destination de Téhéran et se lie à Tala, qui vient de perdre sa mère et s’interroge sur son passé. Rencontre impromptue entre ces deux femmes que tout oppose, racontée dans une langue sobre et imagée qui éblouit!

©doc

"Tala a vingt ans, mais Tala en a cent. Elle les a toujours eus (…) C’est comme ça quand on est l’aînée d’une imposante fratrie, aux parents pas bien riches, mariés trop jeunes et las trop tôt dans un pays qui a fait sa révolution sans être fichu d’attendre que l’on soit nés."

Victoire de Changy réussit haut la main le périlleux pari du deuxième roman.

C’est avant tout l’écriture qui ouvre avec vivacité les portes de ce mince roman dont l’intrigue entraîne les deux femmes – et la petite fille de Tala, Bijan – sur les rives de Qeshm, l’île longue entre mer et désert, en quête du fantôme de la mère. Un récit qui est avant tout le portrait en demi-teintes d’un pays et de ses sanglots: "Je sais les hommes qui osent se donner la main. Qui, au nom de l’imam assassiné, se tambourinent la poitrine, referment ces mêmes mains en poings. Je sais que l’homme du bazar claquera la langue comme un serpent pour qu’une fille, comme moi la veille, ferme les boutons de son col jusqu’au menton. Je sais que cet autre qui empile ses pains dans la rue en tendra spontanément un à la fille qui, comme moi la veille, s’arrêtera intriguée par la procédure".

Victoire de Changy réussit haut la main le périlleux pari du deuxième roman!

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