Le noir comme couleur

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Les Alpages suisses, de vieux amants qui se retrouvent, un récit doux-amer… Voici "Calypso", le dernier Cosey, Grand Prix du Festival d’Angoulême. Note: 3/5.

"Tiens, un nouveau Cosey", se dit-on en prenant ce "Calypso" en mains. Avec enthousiasme mais sans surprise attendue. Le récent Grand Prix du Festival d’Angoulême semble n’avoir plus rien à prouver. Et pourtant. En s’attaquant, et de belle manière, il y a quelques mois à un album de Mickey, l’auteur suisse a effectivement surpris son lectorat.

"Calypso" détonnera moins dans sa bibliographie. Le récit est plus familier des amateurs. Les Alpages suisses, de vieux amants qui se retrouvent, un récit doux-amer… Pas de doute, on est dans un one shot de Cosey! Mais l’auteur n’a pas son pareil pour emmener le lecteur avec lui jusqu’au terme d’un voyage qui reste toujours une découverte.

Et puis il y a la manière. Pour la première fois, Cosey publie un album entièrement en noir et blanc. Alors qu’il était plus accoutumé aux couleurs, souvent lumineuses ou profondes, il laisse ici ses couleurs dans son tiroir pour ne travailler qu’à l’encre.

"C’était une vieille envie, mais il m’a fallu le temps de trouver la bonne démarche, la meilleure manière de faire passer mon désir. Et puis il fallait oser le faire", témoigne Cosey.

Pas question ici de clair-obscur, d’ombrages qui viennent donner du volume. Cosey pousse l’utilisation du noir à son extrême: comme il le ferait de multiples couleurs juxtaposées. "Je n’ai travaillé qu’avec ces deux ressources, comme deux couleurs. Comme je l’ai fait avec le blanc de la neige dans ‘Peter Pan’ par exemple. Mais je fais confiance à l’œil du lecteur qui pourra recomposer les limites des éléments dans les parts noires, même si les traits disparaissent dans la masse", précise Cosey.

Le scénario, né d’une idée d’un de ses amis suisse, s’y prêtait aussi particulièrement bien. À mi-chemin entre le roman noir et la comédie de mœurs, Calypso, c’est l’histoire de deux vieux amants qui se retrouvent. Elle, Georgette dite Georgia, fut une star éphémère mais inoubliable d’Hollywood; lui, Gus, est ouvrier sur un chantier dans les Alpes. Ils se sont connus et aimés sur le chemin de l’école. Avec l’aide de Pepe, ouvrier comme Gus, ils vont rejouer le casse du siècle à leur manière, en papys justiciers.

Comme de coutume, Cosey n’a pas son pareil pour (re)tisser les liens entre ses personnages, avec la tendresse qu’il a toujours pour eux. Alors, outre l’utilisation du noir et blanc, c’est vrai que ce n’est pas complètement surprenant, mais cela se lit d’une traite avec un réel plaisir! 

©rv doc

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