Le Réseau Madou sort de son sommeil

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Un album qui a connu une nouvelle cure de jouvence, avec quatorze planches totalement redessinées. Un sérieux travail pour l'édition 2017 du "Réseau".

Réédition? Non, c’est mieux que cela. Sans pour autant avoir été totalement redessinée, la nouvelle édition du "Réseau Madou" a subit plus qu’une cure de jouvence. Quatorze planches totalement redessinée, le personnage principal retouché à peu près partout, remise en couleurs totale, nouvelle typographie. Un sérieux travail donc pour l’édition 2017 du "Réseau", dont l’édition originale était parue chez Casterman en 1982.

"Le Réseau Madou reste l’ouvrage fondateur de ma carrière", se souvient Alain Goffin qui, après une formation graphique avec Claude Renard à Saint-Luc, oscille entre la BD et la pub. Il n’avait toutefois plus rien publié depuis 20 ans! "Cet album reste donc chargé d’une certaine émotion pour moi. Publier dans ‘A Suivre’ et chez Casterman, c’était réellement le must pour l’époque et pour un gamin comme moi, note le contemporain de Schuiten, Sokal ou de Berthet. Je crevais d’envie de faire revivre cette histoire. Mais pas question de me contenter d’un simple scan de l’édition originale."

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Quatorze planches manquantes ont dû être totalement redessinées. Dans la foulée, le personnage de Thierry Laudacieux a été retouché partout ou presque. Mais surtout les couleurs ont été refaites. Et c’est sans doute ce qui donne la touche la plus moderne à cette nouvelle édition. "Je pensais tout refaire dans un premier temps. Au final, j’ai opéré un choix plus instinctif en fonction de mon expérience de graphiste. Le changement d’outil (de la plume et du rotring à la palette graphique, NDLR) donne aussi une perception très différente."

Le regard de Goffin sur la BD a changé, elle-même a beaucoup évolué, mais "Le Réseau Madou" ne semble pas avoir pris une ride. Dessiné, à l’époque, dans un style "ligne claire" très épuré, il reste encore d’une grande modernité. Et son scénario, situé à la fin des années 30 n’a que peu subit les affres du temps.

Pour assumer cette envie, Goffin et Rivière se sont naturellement tournés vers Casterman, leur premier éditeur. Mais le projet n’a pas abouti. Dargaud l’accepta dans un vrai travail d’édition, qui livre un album à la fois vintage et moderne, grâce à une maquette et une impression de très belle qualité. Déjà considéré comme très moderniste au début des années 80, le style de Goffin reste dans le ton, très marqué par une approche graphique du dessin. A l’image de quelques auteurs de BD très cotés aussi dans les galeries, comme Vermeulen, Swart ou Loustal, par exemple.

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Cette nouvelle édition a en tous cas beaucoup amusé ce vieux briscard de l’illustration. De quoi lui remettre l’eau à la bouche? "Rééditer d’autres albums dans les mêmes conditions? Certainement! En refaire de nouveau? C’est moins évident. Avec plus de 5.000 nouveautés par an, le marché est déjà assez occupé... L’édition aussi a changé, qui parle davantage en termes de produits... Ici, il y avait d’abord l’envie partagée de faire un beau livre!", tempère Goffin. 

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