Les blindés ont-ils encore un avenir? (H.S. DSI n°12)

LECTURE. Alors que les articles sur l’engagement en Afghanistan font rage, le magazine de défense DSI s’interroge quant à l’avenir des blindés. Si peu présents sur le front afghan.

Rédigé par des spécialistes du monde de la défense, ce hors-série du magazine DSi (Défense et Sécurité internationale) vise à répondre à la question suivante : les blindés ont-ils encore un avenir ? Au moment où les troupes de l’OTAN cherchent une voie de sortie en Afghanistan, quel rôle peut encore jouer le blindé dans ce genre de guerre asymétrique ? Si dans l’imaginaire collectif, le terme de blindé fait aussitôt penser aux chars de combat de la Seconde guerre mondiale, aujourd’hui le terme de blindé doit être élargi comme le souligne le magazine. " Du camion au véhicule de liaison, les armées sont clairement dans une phase d’alourdissement. "

 

Quant à répondre à la question de savoir si les blindés ont encore un avenir, la réponse des auteurs est positive moyennant certaines mutations. Au combat, insiste le magazine, " la plus -value du char, c’est sa puissance de feu, ses capacités de surveillance. En fait, le char fait de l’appui tout terrain. Ce que bien souvent ne peuvent pas faire les avions ou les hélicoptères à cause du mauvais temps possible. Et en ville, où l’appui aérien est difficile, on lui préfère l’appui cavalerie. Pour sa réactivité. "
Un engin nécessaire aux armées mais pas infaillible. En zone urbaine, le char d’assaut est en effet particulièrement vulnérable aux attaques de roquettes ou d’IED. Protégé au maximum avec des protections supplémentaires, le blindé se révèle en plus très peu manoeuvrable. Un problème confirmé par le général français Vincent Desportes dans l’entretien accordé à DSI : " en termes de blindés, trop de protection conduit à des dinosaures incapables de manœuvrer et qui deviennent vulnérables. Penser que le progrès viendra de la seule amélioration de la cuirasse, c’est faire une grave erreur. "

Mis à part la protection du véhicule et surtout de son équipage se pose aussi le problème de la mobilité. Pourquoi ne voit-on pas plus de chars en Afghanistan ? D’abord, parce qu’il est presque impossible de les projeter en grand nombre par voie aérienne et ensuite parce que le blindé n’est pas conçu pour le terrain afghan. Pour rappel, les blindés occidentaux ont été prévus à l'origine pour combattre l'ennemi soviétique dans les plaines occidentales. Se pose ensuite la question de savoir si, pour les futurs modèles, il faudra utiliser les roues ou les chenilles. Un sujet qui fait l'objet d'un article à part.

 

Parmi les engins qui verront l’avenir avec assurance, il faut mettre en tête les véhicules de transport de troupes blindés. Lesquels seront plus perfectionnés et sans doute moins fragiles que les MRAP utilisés sur le théâtre afghan. Jugés inadaptés.

 

" Demain, ce n’est pas d’une technologie que viendra la victoire, mais bien de la manière de combiner hommes et machines " déclare Benoist Bihan en guise de conclusion à ce hors-série bien illustré et rédigé avec le sérieux des spécialistes. Dont Joseph Henrotin, docteur en sciences politiques, rédacteur en chef du magazine Défense & Sécurité Internationale et fréquent collaborateur pour le journal L'Echo.

 

Philippe Degouy

philippe.degouy@lecho.be

 

Défense et sécurité international (DSI). HS n°12. 100 pages, 11,90 euros. Les blindés ont-ils encore un avenir ?

 

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