interview

Lionel Shriver: "J'ai pitié des hommes blancs"

©Merlijn Doomernik

Elle est contre le confinement, pour le Brexit et estime que les minorités ne devraient pas être aussi fadasses. Mais Lionel Shriver – auteure de "We need to talk about Kevin" et de "The Mandibles" – est surtout une écrivaine incroyablement drôle qui, dans son dernier roman, descend en flamme l’obsession des hommes plus âgés pour le triathlon. "C’est narcissique."

Le long des canaux, au cœur de la ville d’Utrecht, Lionel Shriver (63 ans) commence à sautiller sur place. Elle lève les genoux à une hauteur incroyable. "Regardez comment je fais". L’écrivaine montre comment elle essaie de faire du jogging malgré ses genoux abîmés qui ne supportent plus les revêtements en dur. "Je cours sur place, sur un tapis."

CV express

  • Née en 1957 sous le nom de Margaret Ann Shriver à Gastonia, en Caroline du Nord, États-Unis. A changé son prénom en « Lionel » à l’âge de 15 ans.
  • A étudié le russe et l’anglais à l’Université Columbia.
  • A vécu en Irlande du Nord pendant les années marquées par les attentats terroristes de l’IRA, a géré une société de catering et a travaillé comme journaliste pour le Wall Street Journal et The Financial Times.
  • Est devenue célèbre en tant qu’écrivaine avec «We Need to talk about Kevin», porté à l’écran avec Tilda Swinton dans le rôle principal.
  • Est éditorialiste pour le journal conservateur The Spectator et a publié 16 romans
  • Vit en alternance à Londres et à New York avec son mari, le batteur de jazz Jeff Williams.

L’Américaine est à Utrecht pour un festival littéraire. Nous avons troqué le vinyle, les placages et faux plafonds de l’hôtel pour une balade le long des quais, calmes et verdoyants.

Shriver s’est fait connaître en 2003 avec son livre "We need to talk about Kevin", qui a ensuite été porté à l’écran. Il raconte l’histoire d’une tuerie de masse dans une école secondaire américaine à travers les yeux de la mère du criminel. Shriver est une observatrice acerbe de l’être humain et de ses incongruités et écrit de manière incisive et souvent hilarante sur des sujets difficiles: l’obésité, la responsabilité de chacun envers sa propre famille ("Big Brother"), la dette publique et la solidarité ("The Mandibles"), le cancer et l’échec du système de santé américain ("So much for that").

Dans son dernier roman "The Motion of the Body Through Space", Shriver analyse notre obsession du sport. Âgé de 64 ans, son personnage Remington se jette fanatiquement dans le "MettleMan", un triathlon qui n’est considéré comme réussi que si les participants réussissent l’exercice "chin up" avant l’arrivée.

Sa femme Serenata a fait elle-même beaucoup de sport pendant toute sa vie. Aujourd’hui, elle souffre du genou et regarde à son corps défendant comment son mari est tombé sous le charme de son nouveau groupe d’amis athlètes et de son coach sexy. La forme est satirique, les sujets sont sérieux: vieillir, la culture moutoniste sur internet, l’identité, le mariage.

"Le sport est devenu le moyen par excellence de se mesurer aux autres, d’être compétitif. Plus encore que l’argent et la réussite."

Maintenant que l’activité physique à l’extérieur redeviendra peut-être bientôt une des rares formes de détente à cause des mesures strictes liées à la pandémie de coronavirus, Shriver s’irrite de la foule de crossfitters, joggeurs et autres cyclistes qui envahissent l’espace public. "C’est du narcissisme. Notre société occidentale a récemment développé une obsession bizarre pour l’effort physique. Ces vingt dernières années, ce phénomène est devenu totalement hors de contrôle. Aujourd’hui, les gens sont non seulement névrosés à propos de ce qu’ils mangent, mais aussi de leurs routines sportives. Ils se sentent coupables s’ils ne font pas de sport. C’est devenu le moyen par excellence de se mesurer aux autres, d’être compétitif. Plus encore que l’argent et la réussite."

Avez-vous une explication?

C’est une question très intéressante à laquelle je tente de répondre dans le livre. Nous cherchons dans quelque chose de purement mécanique ce qu’il ne pourra jamais nous offrir: une valeur, un sens à notre vie, la vie éternelle. Une santé parfaite. S'il vous faites du sport, rien ne pourra vous arriver. Tout le monde peut attraper le cancer sauf vous. Car vous avez tellement couru. (moqueuse) "It’s all you ever did".

©Merlijn Doomernik

Vous êtes vous-même très sportive, non ?

J’ai fait du sport toute ma vie. Mais je n’aime pas les groupes et je déteste les évènements avec beaucoup de participants. Je n’aime même pas jouer en double au tennis. Je n’ai jamais participé à un marathon. J’ai tout simplement couru un jour 42,195 km sans m’arrêter.

Pourquoi êtes-vous aussi impitoyable envers ceux qui pratiquent le sport de manière intense?

Je ne veux pas être moralisatrice, je ne dis pas ce que les gens doivent faire. Mais pour moi, le sport relève de la vie privée. Cela se passe entre mon corps et moi. Si je suis intéressante, j’espère que ce n’est pas parce que je cours. Pour moi, c’est simplement une manière de conserver ma machinerie en relativement bon état.

Comment avez-vous réagi quand vous avez dû arrêter de courir à cause d’un problème de genou?

Je me suis sentie découragée. Mais j’ai trouvé d’autres façons de rester en forme. Je cours beaucoup sur place, sur un tapis.

Vous décrivez dans le livre comment Serenata, la femme du triathlète, est agacée par la nouvelle passion de son mari. Elle a toujours été la personne la plus sportive du couple. Êtes-vous Serenata?

En effet, je me suis basée sur ma propre relation avec la forme physique et sur l’expérience d’un corps qui commence à me lâcher.

En fait, c’est de l’autodérision.

(elle pouffe de rire) Je me moque de moi-même en permanence.

Nous arrivons à un coin de rue, Shriver s’arrête et regarde le panneau de signalisation. "Waterstraat", dit-elle tout haut, comme si elle souhaitait retenir le nom de la rue. Je lui dis que je peux toujours retrouver le chemin de l’hôtel sur mon téléphone, si nous nous trompons.

"Oh, vous avez une carte sur votre téléphone. C’est super."

"La politique identitaire divise, car elle réduit votre identité au groupe dans lequel vous êtes irrémédiablement né."

Le personnage principal de son livre, Remington, commence à faire du sport de manière intense après avoir été mis à la retraite forcée de son poste de responsable de l’éclairage public à la section locale du ministère du Transport. Là aussi, Shriver touche un point sensible: Remington doit partir parce qu’il a tapé du poing sur la table au cours d’une discussion avec son nouveau responsable, une femme de 27 ans, d’origine nigériane, qui a suivi des "gender studies" dans une université prestigieuse, impose immédiatement des toilettes neutres et demande au personnel de désormais se présenter avec son pronom (H/F/X). Elle est une caricature des activistes de la nouvelle vague qui mènent une guerre des cultures acharnée aux États-Unis.

Vous faites de Remington, un homme blanc hétérosexuel âgé, la victime de sa patronne noire incompétente. Une pique envers vos détracteurs?

C’est une explication contemporaine du développement de son obsession pour le sport d’endurance. Les hommes blancs se sentent visés et menacés. Vous pourriez leur dire: "Vous avez toujours eu tous les avantages, maintenant fermez-là". Mais instinctivement, j’ai toujours eu un faible pour ceux qu’on nous présentait comme étant indignes de notre sympathie. Comme les mères de "high school killers". Et aujourd’hui, j’ai pitié des hommes blancs.

Je n’ai jamais caché que je trouvais que la politique identitaire était une façon peu utile et réductrice de voir les gens. Elle divise, car elle réduit votre identité au groupe dans lequel vous êtes irrémédiablement né. La seule chose qui compte pour moi, c’est que je suis une femme, blanche et américaine, même si je fais bien entendu partie d’autres sous-groupes. Comme celui des gens de petite taille par exemple (elle rit). Mais ce sont des choses que je ne contrôle pas et je ne pense pas qu’elles soient importantes. C’est ainsi que je vois mes amis: des personnes avec du talent et de l'intérêt, pas des gens appartenant à un groupe déterminé.

"Je souhaite que les chances augmentent pour tous, je ne veux pas imposer l’égalité. Je déteste les quotas."

Niez-vous que les femmes et les gens de couleur détiennent moins de positions de pouvoir ?

Bien entendu, il y a des statistiques qui le démontrent. Mais si l’on regarde les choses de plus près, ces généralités ne tiennent pas la route. Il existe une classe moyenne noire importante aux États-Unis, il y a aussi une élite noire. Je n’aime pas les généralisations. Je les trouve inutiles. Et je deviens méfiante quand les autorités s’en mêlent. Je souhaite que les chances augmentent pour tous, je ne veux pas imposer l’égalité. Je déteste les quotas.

Je trouve que nous devons en finir avec les catégories au lieu de les renforcer, au lieu d’opposer les groupes les uns aux autres et de les faire rivaliser pour le trophée du plus misérable. J’ai de la sympathie pour leur aspiration à plus d’équité, mais je ne crois pas que cette façon de penser mènera à plus de justice. Ce serait plutôt le contraire, je le crains. (elle s’interrompt). Mais revenons au livre, sinon l’éditeur ne sera pas content. À juste titre.

Mais nous en parlons, non?

C’est un sous-thème du livre. Mais il n’y a pas de mal à défendre ces hommes de temps en temps, sinon personne ne le fera. Le livre est aussi très féroce envers les hommes, surtout les jeunes hommes blancs. Ils sont dépeints comme des wussies (personnes faibles, NDLR), comme le disent les Britanniques. Ils ne se défendent pas.

En réalité, vous trouvez amusant de jeter de l’huile sur le feu?

Je ne me demande pas ce que les autres pensent. J’écris sur les choses que je trouve intéressantes et divertissantes. Je suis attirée par les situations compliquées. Je n’ai pas tendance à me soumettre aux dogmes. Les dogmes sont ennuyeux.

Pendant le confinement, qu’avez-vous pensé des gens qui se battaient pour du papier toilette?

En écrivant le livre, j’ai essayé d’imaginer ce qui se passerait si l’économie d’un pays s’écroulait. Il y a suffisamment d’exemples. Prenez le Venezuela, un pays qui était prospère. Sa monnaie ne vaut plus rien, c’est un foutoir total. Je peux m’imaginer que les gens ont du mal à trouver du papier toilette. Et de la nourriture. Et beaucoup d’autres choses indispensables.

"Je m’attends à ce que l’inflation devienne totalement hors de contrôle, partout dans le monde."

Lorsque vous avez écrit ce livre, pensiez-vous que cela pourrait arriver?

En tout cas, ce qui s’est passé ces six derniers mois accélère ce processus. “The Mandibles” parle de la dette. Et plus spécifiquement encore de la dette publique. Je n’ai plus suivi le déficit américain cette année, mais je pense qu’il devrait être de l’ordre de 4.000 milliards de dollars (3.100 milliards de dollars, NDLR). C’est du jamais vu, et ce mot est trop faible pour exprimer à quel point ce chiffre est incroyablement élevé. Au même moment, la Réserve fédérale annonce qu’elle n’augmentera pas les taux d’intérêt jusqu’à ce qu’elle ait atteint son objectif d’inflation. C’est de mauvais augure.

Vous préparez-vous personnellement à un tsunami économique?

Je m’attends à ce que l’inflation devienne totalement hors de contrôle, partout dans le monde.

À tel point qu’un chou pourrait coûter 38 dollars?

En effet. Il y a des institutions qui font le maximum pour contrôler l’inflation, mais il y arrive un moment où elle devient incontrôlable. Et nous nous en rapprochons. Si vous ne stoppez pas immédiatement l’inflation, vous obtenez un effet boule de neige.

Cela fait des années que les économistes font des mises en garde...

Et cela fait aussi des années que l’on injecte du faux argent dans l’économie. Cet argent s’est retrouvé dans les poches des plus riches. La plus grande bulle inflationniste au monde est le négoce d’actions. En plus de l’immobilier, car c’est là que va l’argent aujourd’hui. Allez faire des courses à New York. La nourriture est devenue incroyablement chère et les prix augmentent chaque année, beaucoup plus que 1 ou 2%, qui sont les taux officiels d’inflation. Les citoyens ordinaires ressentent clairement ces hausses de prix.  Je trouve tout cela très inquiétant. Nous sommes en pleine tempête. Cette situation détruit les revenus d’impôts précisément au moment où la pression augmente sur les dépenses. Cela tue les entreprises. J’espère que la situation est moins dramatique ici. Avez-vous aussi connu un confinement, et a-t-il eu des effets aussi dévastateurs ? "

"J’espère que la situation reviendra à la normale, mais je suis sceptique. En particulier quand je vois l’hystérie avec laquelle on parle de la deuxième vague."

Certaines personnes pensent encore que nous connaîtrons une reprise en V ou de la forme d’une autre lettre de l’alphabet.

Oui, oui.

Vous n’y croyez pas ?

J’en doute, mais j’espère me tromper. Je n’aimerais pas que des personnes perdent leur emploi ou leur entreprise, simplement pour avoir raison. J’espère que la situation reviendra à la normale, mais je suis sceptique. En particulier quand je vois l’hystérie avec laquelle on parle de la deuxième vague. (en aparté) "This is right in the area of don’t get me started."

Cela a toujours été disproportionné, mais aujourd’hui c’est totalement hystérique. La hausse du nombre de contaminations est importante, certes, mais les hospitalisations n’ont que légèrement augmenté et le nombre de décès à peine (cette interview a eu lieu en septembre, NDLR). C’est la seule chose qui compte. Il n’y a aucune raison de limiter davantage les contacts sociaux. Même en cas de confinement total, vous ne faites que reporter un certain nombre de contaminations.

Les personnes âgées et fragiles devront-elles rester isolées pendant encore un an?

J’estime que c’est surtout à elles de décider. Nous en savons aujourd’hui suffisamment sur le virus pour savoir qui est ou non vulnérable. Si j’avais 85 ans et donc que je n’avais plus longtemps à vivre, je prendrais probablement le risque et je passerais mon temps avec mes amis et ma famille. What else is there?

Vous parlez beaucoup de vieillesse

C’est inévitable. J’ai 63 ans.

Ce n’est pas très vieux.

Mais je suis quelqu’un qui anticipe. Mon prochain livre parlera de personnes très âgées.

"Je trouve que les vies de ceux qui ont déjà vécu la majeure partie de leur vie – et j’en fais partie – sont moins importantes que celles des jeunes qui ont encore toute la vie devant eux."

Beaucoup de personnes se sont insurgées quand vous avez écrit, dans un éditorial pour "The Spectator", que les personnes qui sont décédées allaient de toute façon mourir.

Oui, c’est vrai, mais cela ne me réjouit pas. Mais ce n’est pas ma faute. Des personnes âgées décèdent tout le temps. OK, certaines personnes ont été choquées. Probablement parce qu’elles n’ont pas bien compris ce que j’ai écrit. Volontairement, car cela arrive régulièrement. Nous vivons à une époque polarisée. Si nous observons une personne “de l’autre camp”, nous la diabolisons et nous faisons une caricature de sa position. Nous avons tendance à lui attribuer un rôle aussi mauvais que possible pour pouvoir la condamner. Je n’ai rien contre les personnes âgées. J’en serai bientôt une. Mais je trouve que les vies de ceux qui ont déjà vécu la majeure partie de leur vie – et j’en fais partie – sont moins importantes que celles des jeunes qui ont encore toute la vie devant eux. Je ne l’invente pas, c’est un concept éprouvé en médecine: l’utilisation de certains médicaments ou certains traitements est déterminée sur base de l’espérance de vie en bonne santé. C’est une façon de reconnaître que chaque vie n’est pas égale à tous les âges. C’est une des raisons pour lesquelles nous nous soucions des enfants, et c’est totalement justifié. Ils ont droit à une vie entière. Il y a peu de choses à fêter en ce moment, mais je trouve que nous devons célébrer la vie.

Les élections présidentielles américaines approchent. Voterez-vous pour Biden?

Oui, certainement. Pas avec beaucoup d’enthousiasme. Mais je ne suis pas supporter de Trump.

"Je trouve intéressant l'impact de Trump sur les démocrates. Ils étaient déjà imbus d’eux-mêmes, et aujourd’hui c’est encore pire: ils se présentent comme les sauveurs de la patrie."

Pensez-vous qu’il remportera l’élection?

Tout le monde me pose cette question, mais je n’ai pas de boule de cristal. Je dispose des mêmes sondages que vous. Je n’ai aucune raison de les remettre en question, sauf s’ils se trompent à nouveau comme en 2016. À l’époque, je pensais que Trump perdrait, et pas un peu, mais vraiment beaucoup. J’aimerais qu’il perde cette élection, donc j’apporterai ma petite pierre à l’édifice pour que cela arrive.

Les États-Unis ont-ils radicalement changé sous la présidence de Trump?

Il a eu un impact horrible sur les États-Unis et le Parti républicain. Mais ce que je trouve encore plus intéressant, c’est son impact sur les démocrates. Ils étaient déjà imbus d’eux-mêmes, et aujourd’hui c’est encore pire: ils se présentent comme les sauveurs de la patrie.

On vous accuse souvent d’être une républicaine "cachée".

Je ne suis pas une démocrate de gauche traditionnelle, mais je n’ai jamais voté pour un candidat républicain. Je suis libertaire. Je suis pour le mariage entre homosexuels, pour l’accès à l’avortement, je trouve que les gens doivent pouvoir faire ce qu’ils veulent pour autant qu’ils ne fassent pas de tort aux autres. Je suis contre la taxation des graisses, du sucre, et de toutes ces manières de dire aux gens ce qu’ils doivent faire. Ce n’est d’ailleurs pas le monopole de la gauche. Mais les républicains ne croient même plus à la responsabilité fiscale. Aujourd’hui, ils n’ont vraiment plus rien à offrir.

"Le soir du référendum sur le Brexit, nous avons fait la fête au cours d’un dîner organisé par quelqu’un du Daily Telegraph. Une soirée fantastique."

Pourquoi étiez-vous une "pro Brexit" aussi passionnée? Étant américaine, vous ne pouviez pas voter.

Je vis en Grande-Bretagne, donc je tombe sous la règlementation européenne – jusqu’à fin décembre en tout cas (elle sourit). Je vois les deux côtés de la médaille. Je pourrais aussi argumenter sur les avantages à rester au sein de l’Union européenne. Je pense que ce serait bien pour l’UE qu’elle se montre un peu moins suffisante. Mais je suis pour la décentralisation du pouvoir, par exemple au niveau de la nation. Parce que c’est mieux pour la démocratie. Et en fait, c’est l’essentiel.

Même si c’est mauvais pour l’économie?

Qui le remarquera? Le Brexit a été totalement noyé par le coronavirus.

Fêterez-vous le Brexit?

Je l’ai déjà fait. Le soir du référendum, nous avons fait la fête au cours d’un dîner organisé par quelqu’un du Daily Telegraph. Une soirée fantastique, en particulier lorsqu’on sait ce qui nous est ensuite tombé dessus. "It was really fun".

Lionel Shriver, "The Motion of the Body Through Space", The Borough Press, 345 pages

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