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"Paloma" | Cinq filles uniques comme les doigts de la main

Cinq ados, uniques forcément, mais surtout seules et rebelles chacune à leur manière. Réunies, elles frappent comme un coup de poing.

Rebelle, méchante comme une teigne, cassante, ne s'exprimant pas autrement qu'en aboyant, Paloma a tout pour plaire. Sierra est à peine plus agréable, passionnée, mais ayant un peu de mal à gérer ses émotions; Céleste porte bien son nom, effacée, silencieuse, cible facile pour les harceleurs; Appoline effraye avec son physique de rugbyman et son penchant pour les filles; et puis il y a Chélonia, geek et hackeuse, franchement barrée. Cinq nanas qui ne sont pas vraiment "populaires" dans leur bahut, loin de là, plutôt solitaires ou rejetées par leurs condisciples.

A priori, vu comme ça, le pitch de cette nouvelle série en cinq tomes lancée par "les" BeKa – Caroline Roque et Bertrand Escaich – qui écrivent en tandem, ne paie pas de mine. Cela sent la petite historiette pour un public d'adolescents plutôt girly. Mais les auteurs font plutôt dans la finesse et touchent assez juste dans la description de leurs personnages.

Faux départ

Paloma, au centre de cette première intrigue, a passé son enfance en familles d'accueil depuis que son père l'a abandonnée et que sa mère a été placée en institution psychiatrique avant de se suicider. On a fait mieux comme départ dans la vie. Victime ensuite d'une injustice notoire, elle a toutes les raisons finalement de se renfermer et de ne plus faire confiance à personne.

Les auteurs font plutôt dans la finesse et touchent assez juste dans la description de leurs personnages.

À travers ces profils un peu stéréotypés, les Beka abordent les mal-être des ados avec une certaine justesse. Le résultat est assez touchant et on ne peut que se prendre d'affection et d'empathie pour Paloma et sa colère explosive.

On est clairement dans une lecture "feel-good". Avec la résilience dont peuvent être capables ces cinq filles parce qu'elles se rapprochent et s'unissent. Leur première "œuvre commune" est d'ailleurs d'intégrer Paloma parmi elles. Et le pouvoir de l'amitié et des relations qui se tissent entre ces filles qui n'y ont pas été habituées. Ça ne mange pas de pain et cela fait du bien. Le but est atteint.

À peine sortie de l'école, Camille Méhu signe ici un dessin qui donne beaucoup de personnalité aux personnages. Très imprégné du manga, son style est assez fluide et simple. Mais elle joue avec les expressions pour faire passer les sentiments de ses protagonistes et rend particulièrement bien la colère qui habite Paloma, au centre de ce premier album.

On attend donc la suite des aventures de ce "Club des mal-barrées" pour découvrir les quatre autres personnages.

Bande Dessinée

"Filles Uniques 1: Paloma"

Par Beka et Camille Méhu

Édité par Dargaud

56p. - 12€

Note de L'Echo:

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