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Prix Filigranes 2021 | "Jacky", de Geneviève Damas

Geneviève Damas. ©BELGA

Après "Patricia" et "Bluebird", Geneviève Damas donne à nouveau la parole à ceux qui n’en ont pas, au plus près des fragilités de l’adolescence. Voici l’un des favoris du Prix Filigranes.

Depuis son premier roman, "Si tu passes la rivière", paru il y a dix ans chez Luce Wilquin, l’autrice, comédienne et metteure en scène belge poursuit, un livre après l’autre, la piste délicate des paroles nues, donnant à entendre ceux et celles qui, dans la vraie vie, font profil bas et rasent les murs. Ainsi est né "Jacky", texte saisissant d’une amitié impossible entre deux jeunes Bruxellois, un Arabe et un Juif – pour résumer les choses aux assignations qui leur sont faites.

Avec une grande sensibilité, Geneviève Damas raconte sans effets inutiles la rencontre de ces deux mondes que tout oppose a priori.

Narrateur de ce récit épistolaire, Ibrahim Bentaieb est un jeune Belge d’origine marocaine au passé trouble, en décrochage scolaire et qui ne parvient plus à se projeter dans l’avenir. Lorsqu’il doit se mettre à écrire son travail de fin d’études secondaires, il choisit de réaliser le portrait de son ami Jacky, rencontré quelques mois plus tôt lors d’un atelier d’écriture qui brassait des élèves musulmans, chrétiens et juifs. Une journée qu’Ibrahim et ses camarades redoutaient plus que tout – passer du temps avec des Juifs était tout bonnement impensable à leurs yeux – jusqu’à ce que la chaleur d’un radiateur et la bienveillance d’une animatrice les amènent à voir ce qu’ils avaient en commun avec ces gosses bourgeois placés sous haute surveillance.

Rencontre de deux mondes

Avec une grande sensibilité, Geneviève Damas raconte sans effets inutiles la rencontre de ces deux mondes que tout oppose a priori. Il n’y aurait pas dû y avoir de suites à cette "Journée pour vivre ensemble" décidée par les profs, et pourtant voici qu’Ibrahim et Jacky s’écrivent, se revoient, deviennent amis.

Roman

“Jacky”

Par Geneviève Damas

Édité par Gallimard

160p. - 14,50€

Note de L'Echo:

Jacky raconte l’attentat du Musée juif et la déportation de ses aïeux à Malines et Auschwitz, tandis qu’Ibrahim se confie sur ses actes passés et les problèmes auxquels il doit faire face dans son propre quartier. Ensemble, ils retrouvent confiance et courage, esquissent l’avenir, transcendent la grisaille et se dotent de superpouvoirs.

"Je n’imaginais pas que le hasard – on peut aussi l’appeler chance – soit capable de tout transformer. Le matin, avant de croiser Jacky, j’avais pensé que j’allais encore passer une journée inutile, grise et longue. Et ça n’a rien eu à voir. Voilà une raison d’espérer quand on est au fond du trou", écrit Ibrahim Bentaieb dans son TFE sur son nouvel ami. Voilà aussi ce qu’est ce livre, né du projet "Oser l’espoir" auquel Geneviève Damas a participé: une raison d’espérer et de croire, encore, aux pouvoirs de la fiction comme merveilleux outil de résilience.

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