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Prix Filigranes 2021 | "La Riposte", de Jean-François Hardy

Jean-François Hardy. ©DR

Dans "La riposte", 4e des huit romans en lice pour le Prix Filigranes 2021, Jean-François Hardy livre une dystopie sur la crise écologique, non sans instrumentaliser la littérature.

Avec un été rythmé par les inondations dévastatrices et les mégafeux, le roman de Jean-François Hardy ne pouvait mieux tomber; une dystopie qui nous projette dix ans en avant, lorsque le réchauffement fera pousser des cactus en plein Paris et provoquera l'inéluctable dislocation de la société française (et du reste du monde, s'entend).

Dans ce roman de 200 pages, on suit les tribulations de Jonas, un infirmier à domicile qui a prévu de se faire la malle pour remonter vers le Nord et un climat plus clément. Mais il voit ses projets contrecarrés par un mouvement révolutionnaire qui enfle dans la capitale et dont il soupçonne sa jeune compagne, la belle Khadija, d'en faire partie.

Faut-il tout laisser tomber pour une fuite incertaine, abandonner ses patients voués à la benne à ordures des "disposeurs" qui les balanceront, une fois morts, par la fenêtre de leur appartement sans penser qu'ils furent un jour des êtres humains? Ou faut-il sortir du cynisme et reprendre la lutte contre le capitalisme rapace qui vit peut-être ses derniers feux? Le patron de "Tonsanto" (on aura compris l'allusion) n'a-t-il pas été facilement assassiné par ces activistes d'"Absolum" dont on voit les affichettes tapisser chaque jour un peu plus les murs de Paris?

Roman

"La Riposte"

Par Jean-François Hardy

Édité par Plon

208p. - 18€

Note de L'Echo:

Plume durant deux ans au Ministère français de la Transition écologique, Jean-François Hardy, 30 ans, a dû s'interroger sur la manière de répondre à l'extraordinaire apathie qui saisit l'humanité devant les effets de sa propre dévastation. Mieux que des images de marées de boue et de brasiers sans fin qui tournent en boucle sans autre effet que la sidération, peut-être la littérature pouvait-elle forger un nouvel imaginaire qui incite à envisager un futur désirable et à décoloniser l'esprit du progrès technologique et de la consommation à outrance qui nous ont conduits dans l'impasse...

Esthétique de l'effondrement

Jean-François Hardy présente "La riposte"

Mais rien de tout ça dans "La Riposte" où l'auteur se complaît dans l'esthétique de l'effondrement. Il n'est pas une phrase qui ne condense un problème de société, comme si Jean-François Hardy les avait tous listés sur des post-it avant de nous en distiller les poncifs sans répit aucun. C'est aussi assommant qu'indigeste, et traduit plutôt le pessimisme délétère de la France de 2021 que ce qu'on risque bel et bien de vivre en 2030.

Son écriture n'est pas indigente mais, comme l'intrigue, sans subtilité, profondeur ni mystère, également instrumentalisée à la cause écologique, et finalement tout aussi impuissante à mobiliser le lecteur.

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