Publicité

Prix Filigranes 2021 | "La vie rêvée des hommes", de François Roux

"La vie rêvée des hommes", de François Roux.

L’auteur du "Bonheur national brut" signe une grande fresque historique et intime, qui retrace les combats menés pour les droits LGBTQIA+ depuis la Seconde Guerre mondiale. Sans esquiver le chemin qu’il reste à parcourir.

Est-ce possible de maintenir vive la flamme d’un amour interdit, freiné par une société qui peine à évoluer? C’est la question centrale du cinquième roman de François Roux, réalisateur et auteur du "Bonheur national brut" (2014). "La vie rêvée des hommes" nous plonge dans l’histoire de deux soldats, Stanley et Paul, de leur rencontre brève mais passionnée lors de la Libération de Paris, de la mise à l’épreuve de leur relation à travers le XXe siècle.

Roman

“La vie rêvée des hommes”

Par François Roux

Albin Michel

320p. - 19,90€

Note de L'Echo:

Les obstacles à l’épanouissement de leur amour sont légion: il y a la distance (Stanley est new-yorkais, Paul, français), l’obsession de figer la perfection de la fusion initiale, mais surtout, la non-acceptation de l’homosexualité par la société. Au fil du roman, outre les vies de Stanley et Paul (et la grande question – quelle issue pour leur relation?), on accompagne la quête de l’ouverture d’esprit, qui se déploie dans le sillage de luttes incessantes pour le droit d’aimer.

Un combat public et privé

Le livre évoque de grands jalons historiques, comme les émeutes de Stonewall en 1969, quand la communauté gay s’est rebellée suite au énième raid policier dans un bar new-yorkais, ou la première intervention sous forme de "die-in" d’Act Up en France, afin d’attirer l’attention sur les ravages du sida.

Mais le combat ne se déroule pas seulement sur la place publique, ce qui s’incarne le mieux dans la trajectoire intime du protagoniste français. Paul se bat très longtemps contre son homosexualité. Honte, culpabilité, isolement et dissimulation entravent sa vie, jusqu’à l’acceptation de soi qu’il va progressivement opérer.

Il reste du chemin à parcourir – et à entretenir – pour que "La vie rêvée des hommes" puisse s’inscrire pleinement dans une réalité acceptée et reconnue.

De son côté, l’Américain Stanley a fait son coming out beaucoup plus tôt, mais lui doit faire face à l’intolérance de son père, qui l’évince de l’entreprise familiale à cause de ses "inclinations naturelles", aux actes homophobes qui l’entourent jusqu’à le priver de son meilleur ami, assassiné, et au VIH qui se propage dès les années 1980.

Pour raconter l’évolution des droits LGBTQIA+ depuis la guerre, l’auteur introduit également un personnage de la génération succédant à celle de Stanley et Paul, Luca, qui voit en eux "ses deux vrais pères, [qui] ont guidé sa vie et fait de lui l’homme qu’il est aujourd’hui". Et qui montre qu’il reste du chemin à parcourir – et à entretenir – pour que "La vie rêvée des hommes" puisse s’inscrire pleinement dans une réalité acceptée et reconnue. Un roman à la fois triste et porteur d’espoir, reposant sur une succession d’images et de sons qui dotent le récit d’une dimension cinématographique, parfois un peu trop appuyée mais essentiellement entraînante.

Couverture du roman de François Roux, "La vie rêvée des hommes".

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés