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Prix Filigranes 2021 | "Un autre bleu que le tien", de Marjorie Tixier

Marjorie Tixier. ©Melania Avanzato

Dans son second roman "Un autre bleu que le tien", Marjorie Tixier fait le portrait de plusieurs femmes ébréchées par la vie.

Marjorie Tixier possède une écriture souple, bien rôdée à l’exercice. Après son "Un matin ordinaire", l’autrice française, également professeure agrégée de lettres modernes, nous propose un second roman en traçant l’histoire de plusieurs femmes passablement handicapées ou ébréchées par la vie. Cela se déroule dans une petite ville de province française, Luchon, sur laquelle on possède peu d’information, si ce n’est que c’est là où les gens apparemment sans histoire viennent se réfugier et étirer le temps. Comme l’autrice semble le faire avec son roman, dans lequel on a l’impression que le temps passe sans que rien ne se passe vraiment.

L’intrigue? Une femme restée mutique, mais pas muette de naissance, rencontre une autre femme, dont les jambes ont été happées lors d’un accident de montagne. L’une comme l’autre est fascinée par leur rencontre alors qu’elle est tout simplement banale, dans la piscine des thermes de cette petite ville.

Dans "Un autre bleu que le tien", on a l’impression que le temps passe sans que rien ne se passe vraiment.

Hommes inexistants

Comme il ne se passe rien de fulgurant entre les deux premiers personnages principaux, l’autrice fait intervenir une autre amochée par la vie qui devient, malgré elle, une mère célibataire. Cela sent l’artifice rien qu’aux prénoms accordés aux protagonistes, Rosanie, Félice, Solen. Bien sûr qu’il y a des hommes dans ce roman mais on a l’impression qu’ils rasent les murs. Ils sont inexistants. Pourtant, ils étaient là avant. Parce que toutes ces femmes ont en commun d’en avoir aimé, des hommes.

À plus d’un tiers du roman, on se demande si ça va décoller, et si, plutôt que de se regarder dans ses personnages passablement ternes, l’autrice va nous filer un coup de boost et d’action. Rien. Nada. Il faut arriver à la dernière partie de l’ouvrage pour comprendre que son thème est le déni de grossesse. Eh oui, ce n’est pas facile d’aborder un tel sujet. On aurait aimé pouvoir plonger jusqu’au plus profond de cet "autre bleu" mais il nous a laissé de marbre. Et ce, jusqu’au "happy end".

Couverture du second roman de Marjorie Tixier.

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