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Retour de la prodigieuse Elena Ferrante

Seul son éditeur connaît l'identité d'Elena Ferrante... (c) https://www.piqsels.com/ Libre de droits

Le dernier livre de la célèbre romancière italienne vient de paraître: le récit sensible d’une adolescente à Naples, dans les années 90.

♥ ♥ ♥ ♥ ♥
«La vie mensongère des adultes». Elena Ferrante

Traduit de l’italien par Elsa Damien, Gallimard, 416p., 22 euros.

Version audio du roman disponible le 9 juillet.

On l’attendait depuis plusieurs mois: paru en Italie en novembre, le nouveau roman de la mystérieuse Elena Ferrante (dont personne à ce jour ne connaît la véritable identité, hormis son éditeur italien) vient de sortir chez Gallimard pour la traduction française, tirée à 200.000 exemplaires. Après la quadrilogie à succès de "L’amie prodigieuse" (2011-2014), vendue à près de 15 millions d’exemplaires dans le monde et adaptée en série télé, "La vie mensongère des adultes" promet de faire partie des best-sellers de l’été.

Netflix annonce déjà son adaptation, qui sera vraisemblablement tournée en Italie dans la langue originelle du livre. Il est également prévu que ce nouveau roman soit traduit en 25 langues, les lecteurs francophones étant les premiers à en bénéficier.

"La vie mensongère de adultes"

Il y a des points communs entre "L’amie prodigieuse" et ce nouveau roman. Le lieu du récit, tout d’abord: nous retrouvons la cité napolitaine d’Elena et Lila, berceau de tous les contrastes, mais cette fois dans les années 90. Âgée de douze ans, Giovanna, la narratrice, est la fille unique d’un couple de professeurs et vit une enfance heureuse dans un quartier bourgeois. La collégienne est adulée par ses parents, particulièrement par son père... jusqu’au jour où elle surprend une conversation dans laquelle il la compare à Vittoria, sa tante invisible, avec qui la famille est en froid depuis de nombreuses années. Une femme réputée laide, envieuse et malveillante.

15 millions
Pour "L'amie prodigieuse"
Nombre d'exemplaires vendus dans le monde pour la quadrilogie parue entre 2011 et 2014.

Bouleversée par ce rapprochement aussi dévalorisant qu’inattendu, Giovanna va vouloir en apprendre davantage, sa quête la menant dans les quartiers populaires où a grandi son père, dévoilant tour à tour secrets de famille et rapport à la sexualité, dans un roman d’apprentissage long de 400 pages.

"La vie mensongère des adultes" d'Elena Ferrante, le début d'une nouvelle saga ?

Elena Ferrante, toujours entre identité, loyauté, trahison

Elena Ferrante y exploite ses thèmes de prédilection, notamment la place des femmes dans la société, les inégalités sociales, la quête de son identité, la loyauté et la trahison. La réussite de ce roman de formation, où la désillusion est la clef de la transformation de Giovanna, qui passe malgré elle de l’enfance à l’adolescence, tient avant tout à la psychologie approfondie des personnages de Ferrante – du mensonge à l’hypocrisie – et au réalisme des descriptions. Grâce à sa Zia Vittoria, Giovanna apprend à regarder le monde autrement.

«J’étais grincheuse, grincheuse, grincheuse, et le seul fait de me voir là, à table, les empêchait d’être joyeux.»
Giovanna
La Narratrice du roman

En conteuse talentueuse, la romancière relie les femmes de son récit par le détail d’un mystérieux bracelet, cadeau de naissance disparu… Raconté à la première personne par la jeune adolescente, le récit se déploie en un vaste flash-back dont la fin ouverte pourrait laisser espérer une suite, même si l’éditeur s’en défend.

La romancière italienne n’avait rien publié depuis 2014 (2018 pour la traduction française du 4e tome de "L’amie prodigieuse"), hormis des chroniques pour le quotidien britannique The Guardian, rassemblées en un recueil intitulé "Chroniques du hasard", publié chez Gallimard en novembre 2019. Nul doute que ses fans seront au rendez-vous pour ce nouveau livre!

Les premières pages.


Extrait

«Pendant tout le repas, j’eus l’impression que mon père ne riait jamais, que ma mère souriait à peine, que Mariano riait énormément et que Costanza, sa femme, riait beaucoup moins, mais avec naturel. Peut-être mes parents ne s’amusaient-ils pas autant que ceux d’Angela et Ida parce que je les avais attristés. Leurs amis étaient satisfaits de leurs filles, alors qu’eux ne l’étaient plus de moi. J’étais grincheuse, grincheuse, grincheuse, et le seul fait de me voir là, à table, les empêchait d’être joyeux. Comme elle était sérieuse, ma mère, et comme elle était belle et heureuse, la mère d’Angela et Ida.»

Elena Farrante, "La vie mensongère de adultes"

 

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