TER, l'identité comme nouveau continent

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Dans ce premier volume de la trilogie, Rodolphe pose ses jalons, ouvre des portes, dévoile certaines choses sans en donner trop au lecteur. 3/5

"Des bouts de rêverie mis à la suite" pour en faire une histoire". C’est ainsi que Rodolphe décrit son dernier scénario. Cet "étranger", découvert dans une tombe, nu et vierge de toutes choses, à commencer par le langage, a tout à découvrir. "Du coup, il est ouvert à tout. C’est un adulte, mais avec la soif de savoir d’un enfant qui vient de naître. Et il doit d’abord déterminer son identité", précise Rodolphe.

La quête de l’identité est au cœur de cette fable fantastique. Avec, en corollaire, la crainte que ce personnage mystérieux inspire au pouvoir politico-religieux. Le personnage de Mandor apparaît dans une bourgade accrochée à flanc de colline, dominée par le château des Collèges, une assemblée de "prêtres" qui gèrent cette petite communauté qui semble sortie du Moyen âge. "C’est une période intéressante pour camper un récit: ce mélange entre l’épée et le goupillon, qui domine le monde, dont les horizons sont encore limités et où le mystère et l’inconnu font peur", commente encore Rodolphe.

"L’étranger", TER tome 1, Rodolphe et Dubois, Editions Daniel Maghen. Note: 3/5. ©rv doc

Narrateur, le personnage principal est aussi le premier lecteur de l’histoire. "Il découvre progressivement le monde qui l’entoure, ses habitudes, ses pratiques, ses dangers. Et il fait le lien entre l’explicatif et le ressenti."

Ce décor, au milieu d’un plateau aride peuplé d’animaux fantastiques que Leo, le créateur des "Mondes d’Aldébaran" n’aurait pas renié, est comme une île. "Ce monde est construit par analogie à celui de la mer, des grandes découvertes, des pirates et de l’Île au Trésor. Finalement, la science-fiction ne fait que transposer cet esprit de conquête à l’Espace. Ce sont les mêmes émotions", confie encore Rodolphe.

Dans ce premier volume de la trilogie, Rodolphe pose ses jalons, ouvre des portes, dévoile certaines choses sans en donner trop au lecteur. En terminant par un "climax" bien senti. Du coup, le lecteur ne cesse de se poser des questions sur l’origine de ce monde et sur sa position dans le temps. Dans sa découverte de lui-même et de cet univers, Mandor découvre et remet en état toute une série d’objets tout droit venus de notre quotidien. De quoi semer encore plus le doute dans l’esprit du lecteur.

Au dessin, Christophe Dubois livre un travail très précis et très réaliste, mais assez classique. Mais cela lui permet de créer un monde très cohérent quant aux décors et aux costumes. Un peu à la manière d’un Bourgeon sur le "Cycle de Cyann".

Un bon lancement pour cette trilogie dont on attend évidemment les développements.

"L’étranger", TER tome 1, Rodolphe et Dubois, Editions Daniel Maghen.

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