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"Un avion sans elle" | Une bonne intrigue reste une bonne intrigue

Au dessin, le Franco-Argentin Nicolaï Pinheiro propose un trait très réaliste mais assez sobre.

Qu'on aime ou non, Michel Bussi est un grand raconteur d'histoires. Et en roman comme en BD, cela fonctionne!

Un crash aérien sur une montagne enneigée, l'équipage et les passagers décimés par la violence du choc et de l'incendie. Sauf une petite fille sans autre signe distinctif que ses yeux bleus. Rien pour l'identifier au début de ces années 80 où les tests ADN semblent encore relever de la science-fiction. Et deux familles réclament cette enfant miraculée. C'est le pitch de "Un avion sans elle", le premier best-seller (évidemment) de Michel Bussi datant de 2012. Premier d'une longue série pour cet auteur aussi prolifique qu'efficace si l'on en croit ses chiffres de ventes.

L'homme est habile à raconter des histoires et sait dénouer très progressivement le fil de l'intrigue pour finalement prendre le lecteur radicalement à contrepied. Comme c'est le cas avec cette délicieuse Lyse-Rose ou Emilie, selon la famille qui la réclame. Est-elle la descendante des très huppés Carville ou bien la petite-fille de Pierre et Nicole Vitral, fritiers de leur état? Dix-huit ans d'enquête n'ont pas suffi à Crédule Grand-Duc (ce nom...), détective privé, pour arriver à la solution de cette énigme. Jusqu'à ce que...

Adaptation réussie

On peut critiquer le caractère facile et commercial de ce genre de littérature, il faut bien reconnaître que cela marche! Et cela marche quel que soit le média ou le support. En roman comme en BD.

Le scénariste a le sens du séquençage pour faire de la lecture d'un carnet de route la trame passionnante du récit.

Les adaptations de romans en BD sont légion, et elles n'ont pas toujours le même bonheur. Mais dans le cas des bouquins de Bussi, cela fonctionne plutôt bien. Dès le moment où les auteurs/adaptateurs parviennent à marquer l'histoire de leur patte et à se l'approprier. Et surtout à donner réellement vie aux personnages que chaque lecteur du roman a imaginés.

Bussi n'en est pas à sa première adaptation en BD. "Mourir sur Seine", adapté par Gaet's et Salvo en 2018, sentait un peu l'ouvrage de commande. Mais avec leur adaptation des "Nymphéas noirs", Duval au scénario et Didier Cassegrain au dessin apportent réellement leur personnalité à ce récit complexe à tiroir.

Jeu cinématographique

Un avion sans elle

Duval et Pinheiro, d'après Michel Bussi, Glénat, 174 p, 25 euros

★★★☆☆

C'est le même Fred Duval que l'on retrouve à l'adaptation de "Un avion sans elle", le best-seller de Bussi vendu à plus d'un million d'exemplaires. Le scénariste a le sens du récit et du séquençage pour faire de la lecture d'un carnet de route, compte rendu de dix-huit ans d'enquête, la trame passionnante du récit. Entre souvenirs directs, style indirect, sauts de lieux ou d'époques, Duval marque le rythme sans jamais perdre son lecteur, qui reste accroché, comme dans le roman éponyme.

Dans son découpage, Duval n'hésite d'ailleurs pas à prendre quelques libertés avec le texte de Bussi, quitte à rajouter l'une ou l'autre séquence pour traduire des ambiances ou les sentiments des personnages.

Au dessin, le Franco-Argentin Nicolaï Pinheiro propose un trait très réaliste mais assez sobre. Il serre ses cadrages ou dézoome, varie ses angles et ses prises de vue, dans un jeu très cinématographique. Parfois à l'excès, mais le réalisme de son dessin et ces prises très "caméra à l'épaule" ajoutent encore à la crédibilité de l'ensemble et au côté haletant de l'intrigue.

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