Un manuel de civilité écologique pour rire et ne pas se résigner

Le "Manuel de Civilité Biohardcore" coédité par Frémok et Tusitala est un manifeste délirant qui invite à ne pas se résigner à un état de fait social et écologique.

«La face du monde ne nous plaît pas ?» C’est l’une des phrases écrites au crayon gris qui noircissent les quelques pages blanches du «Manuel de Civilité Biohardcore» d’Antoine Boute, Stéphane De Groef et Antoine Herda. «Le monde contemporain dans sa face tangible ne ressemble plus du tout assez à une forêt», continue le texte.

BD

«Manuel de Civilité Biohardcore»
Antoine Boute, Stéphane De Groef et Adrien Herda

Tusitala & Frémok, BD en couleur, 64 pages, 24 euros

Note de L'Echo: 4/5

Deux constats qui résument assez bien l’ambition de cette bande dessinée à tendance hallucinée: s’assoir sur le constat que la planète va mal, les humains aussi, et imaginer comment renverser la tendance avec la même intensité délirante que celle qui a conduit à la crise écologique actuelle.

Sus aux bricolages écologiques et sociaux

Mais plus que de tourner à la dérision et au cynisme ce monde dont on ne sait pas si les auteurs estiment que nous le méritons ou non, la machinerie hallucinatoire qu’est ce manuel opte pour la réflexion et sonne une charge affective déjantée.

«Le monde contemporain dans sa face tangible ne ressemble plus du tout assez à une forêt»
Antoine Boute, Stéphane De Groef et Antoine Herda
«Manuel de Civilité Biohardcore»

Se faire avaler par un python et rester vivant, prendre possession de l’animal, hanter les villages de cris de ralliement tels que «les plantes comme modèles politiques», envoyer des camions dans le décor au moyen de stripteases pour libérer des cochons promis à l’abattoir ou encore créer un «aqua park» avec des larmes de pauvres sont quelques exemples des recommandations de ce manuel de civilité.

Elles peuvent faire sourire ou rire à gorge déployée, ou provoquer un léger malaise, mais elles ont le don de mettre le doigts sur les bricolages écologiques et sociaux mis en place pour contenir des situations catastrophiques. Une dénonciation qu’aiguisent encore ces temps étranges de pandémie, mais sans jamais tomber dans la sinistrose ou le nihilisme. L’un des points forts du livre nous donne en effet l’envie de ne pas nous résigner tout de suite au désespoir. Trop d’échecs joyeux nous attendent encore!

Manuel de civilité biohardcore en planches et en images

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