Vie de merde. Tomes 1 et 2.

LECTURE BD. Comme le disait (le regretté) Reiser, on vit une époque formidable. Et surtout une vie de merde. Pour reprendre le titre, imagé, de cette nouvelle collection de bandes dessinées basée sur les petits tracas de la vie quotidienne. De quoi sourire, et souvent jaune d’ailleurs.

Que souhaiter de mieux à cette nouvelle collection de bandes dessinées ? Sans doute de connaître le même succès que sa source d’inspiration, le site internet www.viedemerde.fr. Un site sur lequel les internautes viennent y déposer leurs histoires vécues dans la vie quotidienne. Des anecdotes souvent drôles, parfois émouvantes, qui ont fait le succès du site, consulté par plus de 400.000 personnes au quotidien (chiffres données par le site). Après un recueil d’anecdotes, c’est au tour de la BD d’être le vecteur de ce nouveau style d’humour issu des réseaux sociaux du web.

Les deux premiers tomes viennent de paraître aux éditions Michel Lafon/Jungle et devraient apporter le sourire aux lèvres. Un rire parfois jaune sans doute puisque chacun y trouvera assurément des aventures vécues. Et pas souvent à son avantage.

Le premier volume concerne les premières fois en amour. Un sujet qui aurait pu virer à l’entreprise scabreuse mais qui évite l’écueil avec justesse. Comme un album de souvenirs communs, chacun y retrouvera la trace de ses premiers exploits amoureux. Et quand on parle d’exploits, c’est entre guillemets. Qui a oublié ce premier rendez-vous chez les parents de l’élue ou nul ne sait quoi dire ? A part des conneries. Ou la fille qui boit tellement pour se désinhiber et qui finit par passer la nuit à vomir ? Et que dire de cette situation peu flatteuse où notre conquête téléphone à sa mère juste après les jeux de bête à deux dos pour tout raconter ? Nombreux sont les dérapages amoureux racontés ici.

Pour les parents qui nous lisent, l’album peut tomber sans crainte dans toutes les mains. Le dessinateur a réussi à rester pudique dans ses dessins.

Le deuxième tome a trait à la vie au bureau. Une sacrée jungle où la gaffe possible est omniprésente. Entre l’entretien d’embauche sabordé par un petit rot de rien du tout ou la collègue qui vient passer un appel téléphonique jusque dans les derniers retranchements des toilettes.

Tout y passe. Les nerfs du professeur de math qui lâchent au moment d’expliquer la projection du plan q sur le point g , le collègue qui nous prend la tête par ses bavardages et à qui on a envie de lui crier " ta gu…le ! " plus souvent qu’à son tour. Et quel meilleur moment de solitude peut-on connaître que ce jour où l’on arrive déguisé en lapin rose pour la fête du personnel. Qui n’a pas lieu ce jour-là…

Ah oui, on vit vraiment une époque formidable. Ma vie de merde, mes amours, mes emmerdes. De grands moments de solitude.

Tout n’est pas hilarant mais rares sont vraiment les gags qui ne font pas au moins sourire.

Une collection qui tient sa promesse avec ses deux premiers tomes : faire rire. Il ne reste plus qu’à tenir la distance avec les albums à venir.

 

Philippe Degouy

philippe.degouy@lecho.be

 

Vie de merde. Tome 1. Les premières fois. Grelin/Hipo . 48 pages. 9,95 euros. Coéditions Michel Lafon/Jungle

Vie de merde. Tome 2. Au boulot. Mr Choubi. 48 pages. 9,95 euros. Coéditions Michel Lafon/Jungle

 

Photo : Michel Lafon/Jungle

 

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