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William Boyle et les branquignols de Brooklyn

Le pont de Brooklyn, en face de Manhattan, à New York. ©REUTERS

Dans "La cité des marges", l'auteur William Boyle brosse un portrait des plus attachants d'une faune de pourris, de candides et de minables.

Des Vierges Marie ornent jardinets et cuisines des mères courages de ce quarter italien de Brooklyn. Il leur faut bien cela pour affronter leurs fils alcooliques, leurs défunts maris, les dettes de jeu qu'ils laissent et leurs rêves enfouis. D'une faune de pourris, de candides et de minables, William Boyle brosse un portrait des plus attachants.

Nulle cruauté dans son regard, le destin s'en charge qui contrarie cruellement ces hommes empêtrés et ces femmes romantiques. L'auteur pousse le hasard juste un peu, pour coudre ensemble ces parcours accidentés et dresser des bras vengeurs inattendus. Au centre de cette toile, Donnie, flic véreux et aviné qui sert et escroque la mafia.

Comme chez Raymond Chandler, l'ironie est dans les dialogues et non dans le portrait plein de justesse, de tendresse pour ces gens très modestes, un rien vulgaires, qui se débrouillent avec la vie, les deuils inconsolables, les horizons bouchés. Bercé par le rock des années 90, ce roman noir de l'ancien disquaire William Boyle a du swing. Les chapitres alternent les personnages qui font avancer le récit; manque simplement un bouquet final qui, d'un trait, scellerait ce feu d'artifice d'allumés.

Roman noir

«La cité des marges»
William Boyle

Traduit par Simon Baril, Gallmeister, 418p., 24,40 euros

Note de L'Echo: 4/5

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