Des toiles de Malevich et Kandinsky exposées à Gand accusées de faux

©Michel Burez

Elles appartiennent à un couple de Belges d’origine russe. Une expertise a été commanditée par le ministre flamand de la Culture pour faire la lumière sur l’authenticité de ces œuvres.

C’est une petite tempête (bien de saison) qui souffle sur le MSK, le Musée des Beaux-Arts de Gand. Une lettre publiée ce lundi par plusieurs experts internationaux sur le site du journal The Art Newspaper remet en effet en cause l’authenticité d’une collection de tableaux d’avant-garde russe qui y est actuellement exposée, dont 26 œuvres attribuées à Malevich, Kandinsky ou encore à la peintre Natalia Gontcharova.

«Elles n’ont jamais été exposées, n’ont jamais été reproduites dans des publications académiques sérieuses, et ne disposent pas dossier de vente permettant d’effectuer leur traçabilité.»
Lettre ouverte

"Elles n’ont jamais été exposées, n’ont jamais été reproduites dans des publications académiques sérieuses, et ne disposent pas dossier de vente permettant d’effectuer leur traçabilité", peut-on lire dans la lettre ouverte signée par 11 négociants en art, conservateurs et historiens de l’art.

Toutes ces œuvres appartiennent à Igor et Olga Toporovski, un couple d’origine russe anciennement proche des sphères de pouvoir de la fin de l’ère communiste. Une position qui leur a notamment permis de mettre la main à bas prix sur de nombreuses œuvres confisquées par le pouvoir soviétique ou cachées pour lui échapper (voir l’Echo du 1er décembre 2017).

Installé en Belgique depuis une dizaine d’années et naturalisé depuis, le couple est aux commandes de la fondation Dieleghem et s’est récemment offert le château Titeca de Jette dans le but d’en faire un écrin pour leur importante collection, qui doit normalement faire l’objet d’une exposition plus importante au même Musée des Beaux-Arts de Gand à la fin de l’année.

Enquête ouverte

Mis face à ces accusations, le MSK dit s’être entouré des précautions habituelles. Puisqu'il s'agit d'un prêt et non d'une acquisition, il n'a en effet pas jugé nécessaire de procéder à une enquête matérielle mais s'est fié aux informations fournies par les propriétaires et la fondation Dieleghem qui accueille leur collection, ainsi qu'à l'avis de plusieurs historiens de l'art.

"Il n'appartient pas aux pouvoirs publics de déterminer les œuvres qui doivent être exposées dans un musée, mais vu les proportions prises par la discussion sur l'authenticité de la collection Toporovsky, il nous paraît indiqué de faire rapidement la clarté."
Sven Gatz
ministre de la Culture flamand (Open Vld)

Les doutes sont en tout cas suffisamment importants à ce jour pour que le ministre flamand de la Culture Sven Gatz (Open Vld) s’en mêle. Ce dernier a annoncé la mise sur pied, conjointement avec Ville de Gand et le Musée des Beaux-Arts (MSK), d'une commission d'experts chargée de tirer l’affaire au clair. "Il n'appartient pas aux pouvoirs publics de déterminer les œuvres qui doivent être exposées dans un musée, mais vu les proportions prises par la discussion sur l'authenticité de la collection Toporovsky, il nous paraît indiqué de faire rapidement la clarté", fait savoir le ministre libéral. Le couple de propriétaires a quant à lui marqué son accord pour faire expertisé ses pièces.

Lire également

Contenu sponsorisé

Partner content