"ArtBrussels a une réputation de foire où l'on fait des découvertes."

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La foire d’art contemporain la plus qualitative de Belgique, et l’une des plus importantes d’Europe, ouvrira ses portes au public ce samedi.

Rencontre avec Rodolphe Janssen, l’un des membres de son Comité de sélection.

Chaque année apporte son lot de nouveauté, mais ce qui frappe d’emblée, c’est la durée encore plus courte de la manifestation, qui en fait l’une des plus brèves au monde…
Il y a une raison pratique à cela, car nous suivons "Seafood", la principale foire commerciale en Belgique, qui attire 35.000 professionnels. Par conséquent, il n’y a pas un hôtel de libre jusqu’au jeudi soir et les prix des chambres sont multipliés par trois… Nous avons donc fait contre mauvaise fortune bon cœur et nous avons décidé de transformer ArtBrussels en une expérience de quatre jours (le salon est accessible le vendredi sur invitation seulement, NDLR). Cela va décider plus d’un collectionneur étranger à passer le week-end à Bruxelles, où les activités ne manqueront pas, à commencer, dès le jeudi soir, par l’ouverture de toutes les galeries bruxelloises qui participent à la foire et qui, pour la plupart, inaugurent une nouvelle exposition. Les VIP invités n’auront pas le temps de s’ennuyer!

"Il y a une place pour des foires plus locales comme ArtBrussels."
Rodolphe Janssen
Membre du comité de sélection

Une foire plus courte, mais plus intense dans son implication dans la ville…
Effectivement, cela correspond d’ailleurs à une évolution du marché de l’art aujourd’hui, où il existe la manifestation commerciale, mais toute une série d’activités parallèles tout autour. Par exemple, nous avons mis sur pied un programme musical de concerts d’artistes d’art contemporain. Cela se passera en soirée à côté du palais du Heysel qui abrite ArtBrussels. Bruxelles, d’un point de vue artistique, a fortement évolué en dix ans et il y a un nombre considérable de galeries ou d’espaces d’art non commerciaux, dont certains sont d’ailleurs invités à la foire, qui valent la peine d’être visités. Et sans oublier le Wiels ou la Fondation A, qui sont incontournables dans le parcours du visiteur.

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Est-ce que la foire en elle-même a subi de grands changements?
Chaque année, nous tentons d’améliorer ce qui aurait pu être mieux l’année précédente, mais fondamentalement le concept reste le même, à savoir un mélange presque égal entre un nombre de galeries jeunes et émergentes dont le programme reste à découvrir, regroupées sous la bannière "Young", et des galeries leader en Europe et aux Etats-Unis, qui forment la section "Prime". Le troisième pôle traditionnel est constitué par une vingtaine de galeries proposant de l’art moderne. Ce qui est nouveau pour cette 33e édition, c’est la création d’une section "Discovery", constituée de 14 galeries représentant des artistes émergents et prometteurs dont l’œuvre n’est pas encore connue du grand public en Europe occidentale. Enfin, cette année, nous avons fait appel au bureau B-ILD, un groupe d’architectes bruxellois qui est en charge de la scénographie de la foire, des aménagements pratiques, etc.

©wim kempenaers (wkb)

ArtBrussels est à part dans le "Grand Tour" des pèlerins de l’art contemporain, pourtant les œuvres y sont nettement plus abordables que dans les foires internationales les plus courues…
Il y a en effet une place pour des foires plus "locales". Les collectionneurs qui visitent ArtBrussels sont avant tout belges, français, allemands, néerlandais, mais aussi anglais et américains, car la foire a fait un gros effort de communication dans ces deux pays. Les galeries n’ont pas la pression des collectionneurs internationaux, qui veulent voir des pièces importantes et chères. Elles peuvent donc se permettre de prendre des risques et de montrer de nouveaux artistes. C’est la raison pour laquelle nous avons une réputation de foire où l’on fait des découvertes.

J’imagine que le Comité de sélection veille à ce que quelques consignes soient respectées…
Oui, notamment au niveau du nombre d’artistes montrés sur un stand. Les jeunes galeries qui ont 25 mètres carrés n’en montrent pas plus que trois. Nous insistons également pour que l’accrochage soit de qualité, de manière à valoriser les artistes. Nous demandons également que les œuvres n’aient pas déjà été montrées… Mais il s’agit plutôt d’une conversation entre la commissaire artistique et la galerie, avec le risque évidemment de ne plus être accepté l’année suivante…

ArtBrussels du samedi 25 au lundi 27 avril à Brussels Expo sur le site du Heysel, www.artbrussels.com.

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