Artlogic convertit le marché de l’art à l’e-commerce

Artlogic développe les outils numériques des foires, galeries et autres collectionneurs internationaux.

Pour inaugurer "Adjugé!", la nouvelle rubrique dédiée au marché de l’art de L’Echo, cap sur Londres avec Artlogic qui développe les outils numériques des foires, galeries et autres collectionneurs internationaux.

La crise sanitaire accélère la digitalisation et la virtualisation de deux acteurs majeurs du marché de l’art, aux deux extrémités du spectre: les galeries et les foires internationales. Basée à Londres, New York et Berlin, Artlogic, qui a récemment conçu et développé la plateforme FIAC Online Viewing Rooms, est rapidement devenue le prestataire de choix dans le secteur grâce à sa connaissance du monde de l’art et à sa maîtrise des outils numériques.

Artlogic propose trois types de services conçus pour les galeries, artistes et collectionneurs. Une base de données comprenant la gestion de l’inventaire et des contacts, des outils de marketing et relations clients et une app de vente; ensuite, les sites internet, prêts à l’emploi ou sur-mesure, avec des fonctionnalités e-commerce, vues in situ des œuvres et les OVR (Online Viewing Rooms), ou salles d’exposition en ligne; et enfin, des plateformes en ligne pour les foires internationales ou des manifestations plus locales et ponctuelles telles que les Gallery Weekends.

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Avant la pandémie, une galerie sur 40 recourait à une Online Viewing Room, contre une sur trois aujourd’hui.

Avant la pandémie, Artlogic avait lancé son premier service d’OVR en 2019 et préparé son intégration avec Artsy, première plateforme mondiale de vente d’art en ligne. Joe Elliott, directeur commercial d’Artlogic, précise: "Dès le début de la pandémie et la fermeture de leurs espaces physiques, les galeries nous ont contacté afin de les aider à développer leur activité en ligne. Les foires, événements saisonniers, ont été plus longues à nous solliciter car elles espéraient un retour rapide à la normale. Avant la pandémie, une galerie sur 40 recourait à une Online Viewing Room, contre une sur trois aujourd’hui."

Les sites prêts à l’emploi d’Artlogic leur ont permis de s’adapter rapidement et de lancer leur site e-commerce en quelques jours: les transactions par client utilisant un site Artlogic sont passées de 6 par mois en moyenne en mars 2020 à 17 en novembre 2020, avec une forte hausse du nombre de newsletters: 54,9 millions d’emails en 2020 (une hausse de 75% par rapport à 2019). Avec cette hausse d’activité, la demande de produits Artlogic a crû de 72% depuis mars 2020. "Nous avons vu nos clients créer des OVR, mettre à jour leur site internet, passer à la vente en ligne, partager davantage de présentations avec leurs collectionneurs. Entre mars et mai 2020, nous avons vu le nombre de demandes croître de 90% par rapport à 2019, une augmentation exceptionnelle."

Contenu virtuel et réel

Cette demande sans précédent a aussi vu une quête inédite de nouveaux contenus. Artistes et galeries ont voulu modeler leur site Artlogic, afin de donner vie à leur travail. Tom Brickman, directeur créatif: "Il peut s’agir d’une citation de l’artiste, d’une playlist de musiques liées à l’œuvre, de vidéos", autant d’éléments qui insufflent de la vie et du réel dans le virtuel.

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Les transactions par client utilisant un site Artlogic sont passées de 6 par mois en moyenne en mars 2020 à 17 en novembre 2020.

Le modèle de services sur abonnement proposé aux galeries diffère de celui des foires. Joe Elliott rappelle que pour des grandes manifestations comme Art Basel, Frieze ou Tefaf, les investissements de développement de leurs sites en interne se chiffrent probablement en centaines de milliers d’euros. C’est là qu’Artlogic entre en jeu, avec des contrats par projet mobilisant une équipe dédiée de quinze personnes.

Avant la FIAC, les Londoniens ont créé pour l’ADAA (Art Dealers Association of America), la première plateforme OVR regroupant plus de 100 galeries et marchands d’art, dont de nombreux clients d’Artlogic, rendant ainsi leurs œuvres accessibles à tous. Indéniablement, estiment-ils, même en cas de retour à la normale sanitaire d’ici l’automne, le monde de l’art, acheteurs comme vendeurs, restera très actif en ligne. Le volume d’informations échangées sur internet est tel que les changements de comportement seront durables.

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Plus de 2.100 galeries, artistes et collectionneurs dans 70 pays utilisent les services d’Artlogic, soutenus par 50 collaborateurs basés à Londres, New York et Berlin.

Tom Brickman renchérit: "Les sites web peuvent considérablement élargir votre audience. L’événement en ligne de la FIAC a permis à la foire d’atteindre un public international, attirant des visiteurs qui, en temps normal, ne pourraient prendre part à l’édition physique." Plus de 2.100 galeries, artistes et collectionneurs dans 70 pays utilisent les services d’Artlogic, soutenus par 50 collaborateurs basés à Londres, New York et Berlin. C’est un écosystème qui évolue en fonction des besoins des clients: en 2020, les OVR sont devenues l’un de ses services principaux. "Ces six derniers mois, les ventes aux États-Unis, gérées par le bureau new-yorkais ouvert en 2018, ont pour la première fois dépassé celles du Royaume-Uni."

En Belgique, l’un des pays les plus actifs, Artlogic travaille avec des galeries prestigieuses comme Xavier Hufkens, Almine Rech, Rodolphe Janssen, Maruani Mercier, Mendes Wood, Clearing, Bernard de Grunne ou la galerie Number 8 entièrement virtuelle de Marie-Gomis Trézise.

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