Banksy prépare-t-il un nouveau pied de nez au marché de l'art?

©AFP

La maison de ventes Artcurial met aux enchères quatre oeuvres du mystérieux artiste de Bristol, Banksy. Après l'autodestruction de l'une de ses oeuvres lors d'une vente similaire début du mois, le suspense est à son comble, une nouvelle provocation de l'artiste n'étant jamais à exclure.

Banksy prépare-t-il un nouveau coup? C'est la question que se posent tous les amateurs d'art ce mercredi, alors que la maison de ventes Artcurial met aux enchères quatre oeuvres de l'artiste. 

Début octobre, Banksy avait surpris: l'une de ses toiles s'était partiellement autodétruite, devant un public bouche bée, après avoir été vendue aux enchères pour 1,042 million de livres (1,185 million d'euros) chez Sotheby's à Londres. 

L'oeuvre aurait dû être entièrement détruite

Concrètement, à peine le marteau clôturait la vente de l'oeuvre, qui était une reproduction en peinture acrylique et aérosol de la célèbre image "Girl with Balloon" (montant une petite fille laissant s'envoler un ballon rouge en forme de coeur), qu'une alarme a retenti depuis le cadre. La peinture se fait alors découper en fines lamelles par une broyeuse à papier dissimulée dans l'épais cadre doré. 

"Il y a quelques années, j'avais en secret incorporé une déchiqueteuse à papier dans la peinture, au cas où elle serait mise aux enchères", a expliqué l'artiste, qui a revendiqué ce pied de nez au marché de l'art afin de dénoncer sa marchandisation. L'oeuvre avait pris de la valeur suite à cela, à plus de deux millions d'euros. 

"Il y a quelques années, j'avais en secret incorporé une déchiqueteuse à papier dans la peinture, au cas où elle serait mise aux enchères."
Banksy
artiste

Le célèbre graffeur et peintre de Bristol, qui se plait à garder son identité secrète, a d'ailleurs expliqué sur Instagram que Sotheby's n'était pas au courant de son projet: 

©Banksy

La maison de ventes a indiqué que la vente avait bien été validée et que l'oeuvre avait été renommée "Love is in the bin" (L'amour est à la poubelle). "Bansky n'a pas détruit une oeuvre d'art lors des enchères, il en a créé une", avait affirmé Alex Branczik, chef du département d'art contemporain Europe de Sotheby's.

Quant à l'acheteuse, une collectionneuse européenne dont le nom n'est pas révélé, elle avait expliqué avoir "d'abord été choquée", précise Sotheby's". Mais graduellement, j'ai réalisé que j'allais posséder mon bout d'histoire de l'art", avait-elle ajouté.

Ce mercredi, chez Artcurial, "on attend sereinement la vente, mais s'il doit se passer quelque chose, ce ne sera pas une redite", estime Arnaud Oliveux, expert en charge de la vente. Parmi les lots, trois sérigraphies et un objet (un rat en résine qui tient un pinceau) doivent être mis sous le marteau. "Nous serons particulièrement vigilants. Nous avons mis en place un dispositif de sécurité, mais on cherche à le maintenir discret, sous-jacent, le plus light possible. Il n'y aura pas dix gorilles dans chaque pièce!", assure l'expert.

"On sent bien frémir un petit brouhaha, l'histoire amuse et ça excite. Les gens veulent faire partie du spectacle. Il y a des demandes supplémentaires par rapport à d'autres ventes."

Oeuvre de Banksy présentée chez Artcurial ©AFP
Oeuvre de Banksy présentée chez Artcurial: la sérigraphie "Stop and search". ©REUTERS
Oeuvre de Banksy présentée chez Artcurial: la sérigraphie "Queen Vic". ©REUTERS
Oeuvre de Banksy présentée chez Artcurial: un rat en résine qui tient un pinceau ©AFP

 

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