chronique

Borremans, De Bruyckere et Tuymans en vente chez Christie's

Ce vendredi, 25 œuvres d’art d’exception seront mises en vente à Londres, chez Christie’s, au bénéfice du musée Dhondt-Dhaenens. Le produit de la vente servira à en financer la rénovation.

Le musée Dhondt-Dhaenens, à Deurle (près de Laethem-Saint-Martin), a décidé de mettre aux enchères des œuvres qui lui ont été offertes par des artistes, des galeries et des collectionneurs. Les artistes dont les œuvres seront mises en vente sont loin d’être des inconnus: Michaël Borremans, Luc Tuymans, Raoul De Keyser, Berline De Bruyckere, Andy Warhol, Tracey Emin... Ainsi, 25 lots feront partie de la vente aux enchères d’Art d’Après-Guerre et Contemporain.

La liaison entre le musée Dhondt-Dhaenens et Christie’s est assurée par Marianne Hoet, membre du comité exécutif du musée, et qui dirige en même temps la section européenne d’Art d’Après-Guerre et Contemporain chez Christie’s. Marianne Hoet était par ailleurs déjà impliquée dans la gestion du musée lorsqu’elle a rejoint Christie’s. "Je prends quelques risques avec cette vente. Mais tout le monde chez nous est enthousiaste. Ce n’est pas un hasard si la toile ‘The Banana’ se trouve en couverture du catalogue de vente. Les 25 œuvres ont été exposées pendant toute la semaine dans nos locaux de Londres, juste à droite de l’entrée, à une place d’honneur."

Les travaux de rénovation devraient coûter près de six millions d’euros.

Christie’s reversera l’intégralité du produit de la vente au Musée Dhondt-Dhaenens. "Nous comptons récolter un million d’euros, ajoute Marianne Hoet. Je pense que nous y arriverons. Nous avons déjà investi beaucoup d’énergie dans cette vente. De nombreux collectionneurs sont intéressés. Nous devrions sans trop de problème atteindre le montant espéré." Le tableau (une huile sur toile) de Borremans a été évalué entre 195.000 et 320.000 euros, l’estimation la plus haute des 25 œuvres mises en vente. Il est suivi par "Bijoux" de Luc Tuymans, évalué entre 155.000 et 230.000 euros.

Une rénovation bienvenue grâce à ces ventes

Joost Declercq, directeur du musée Dhondt-Dhaenens, a choisi les œuvres avec Monique Famaey, responsable du département "Art Funding" du musée.

Le musée Dhondt-Dhaenens a été fondé par le couple Jules et Irma Dhondt-Dhaenens. Dessiné par l’architecte Erik Van Biervliet, il a été inauguré le 30 novembre 1968. Jules Dhondt était l’un des mécènes les plus fidèles du Mouvement Flamand (Vlaamse Beweging), sans pour autant se positionner explicitement au niveau politique. Il fut l’un des fondateurs de la Handelsbank, la première banque flamande. Au début des années 60, il était déjà mécène du premier Festival van Vlaanderen à Bruxelles, à l’époque ressenti comme une provocation de la part des Flamands. Avec l’ouverture du musée, Jules Dhondt espérait soutenir le peuple flamand au niveau culturel.

Les travaux de rénovation devraient coûter près de six millions d’euros.

 

"Ce fut une expérience très enrichissante. Au début, j’avais quelques réserves. Je me demandais si les artistes allaient approuver cette vente. Mais nous avons rapidement perçu de l’enthousiasme pour ce projet. Ce ne fut pas simple, car il y a beaucoup de parties impliquées. En premier lieu, les artistes, mais aussi les collectionneurs et les galeries. Et Christie’s, bien entendu. Nous ne pouvons pas être difficiles: Christie’s ne voulait pas proposer d’œuvres sans avoir la certitude de trouver un acquéreur, ce qui aurait été négatif pour tout le monde. À l’inverse, nous devions aussi tenir compte du fait que certains artistes ne voulaient pas participer à la vente par crainte de spéculation sur leurs œuvres. Bref: ce fut un exercice délicat de trouver un équilibre entre les sensibilités de chacun. Mais je suis satisfaite de la sélection. Elle montre que les artistes, nationaux et internationaux, apprécient notre musée."

Michaël Borremans, "The Banana", 2006, estimé entre 195.000 et 320.000 euros. ©Christie's

Le produit de la vente aux enchères est destiné à la rénovation du musée. "Nous sommes face à de grands défis, explique Joost Declerq. Le bâtiment a 50 ans. Il a besoin d’être rafraîchi: doubles vitrages, nouveaux revêtements de sol, nouveaux plafonds, nouveaux équipements. Nous voulons aussi construire une nouvelle aile. La durée de la visite du musée est trop courte. Une nouvelle aile nous permettra d’exposer plus d’œuvres, ce qui sera bénéfique pour la collection. La troisième raison, c’est que nous devons déplacer l’accueil. Aujourd’hui, on accède au musée via un quartier résidentiel, ce n’est plus acceptable. La nouvelle entrée donnera sur la N473, rue du Pont (Pontstraat)."

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