nécrologie

Décès de l'ancien conservateur des Musées Royaux des Beaux-Arts

Philippe Roberts-Jones s'est éteint mardi après-midi à l'âge de 91 ans. C'est sous sa direction que les musées ont connu leur plus grande expansion.

Le monde de l'histoire de l'art belge est en deuil. Philippe Roberts-Jones, l'homme qui a été conservateur en chef des musées royaux des Beaux-Arts pendant presque un quart de siècle est décédé ce mardi à l'âge de 91 ans. Roberts-Jones s'était fait un nom dans le monde très fermé de l'histoire de l'art que beaucoup ne sont pas prêts d'oublier. 

Michel Draguet, l’actuel directeur général des MRBAB, considère Philippe Roberts-Jones comme un historien de l’art atypique dans le paysage de l’histoire de l’art "avec une ironie cinglante pour tous ceux qui voulaient réduire l’art à une question scientifique. Son rapport à l’art est important, il était visionnaire  et tourné vers l’avenir, loin de l’immobilisme que l’on peut prêter à un conservateur. Son rapport à l’art ne se situe pas dans la théorie mais dans la qualité, la force, la puissance du regard, qui est un regard humain.

Né le 9 novembre 1924 à Ixelles, Philippe Roberts-Jones a effectué ses études à l'Athénée communale d'Uccle. Il perdit son père très jeune, fusillé par les nazis au tir national le 20 octobre 1943. Le jeune Roberts-Jones s'engagea peu après dans l'Armée secrète comme volontaire. A la fin de la guerre, il s'inscrit à l'Université Libre de Bruxelles où il suivra un cursus de droit et d'histoire de l'art. 

L'ULB, il y restera un certain temps puisque l'homme deviendra plus tard enseignant dans cette même université. Il y enseignera l'histoire de l'art à partir de 1957 et y créera la section d'art contemporain. Mais avant ça, Philippe Roberts-Jones a prolongé ses études à l'étranger, notamment à l'Université d'Harvard. En plus d'être passionné par l'histoire de l'art, le jeune homme publie à cette époque des recueils de poésie. 

©BELGA

C'est à son retour en Belgique qu'il débute sa carrière dans les Musées royaux des beaux-Arts. En 1961, il est nommé conservateur en chef. Philippe Roberts-Jones n'a alors que 38 ans. Il occupera ce poste jusqu'en 1984, année de son départ à la retraite. Sur cette période, il organisa de nombreuses expositions aux Beaux-Arts, dont une des plus importantes fut la rétrospective sur Pieter Brueghel l'Ancien. Ces expositions ont grandement contribué à dépoussiérer la réputation des Musées royaux des Beaux-Arts. En plus de ces expositions, Roberts-Jones s'attelle à l'ouverture de nouveaux musées dont celui du 19ème siècle et d'art moderne. 

92 expositions
Philippe Roberts-Jones a organisé 92 expositions aux Musées royaux des Beaux-Arts

L'homme atteint l'apogée de sa carrière quand il est nommé membre de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique en 1974 dont il deviendra même secrétaire perpétuel honoraire. Il sera, qui plus est, anobli par le roi Baudouin en 1988. Philippe Roberts-Jones est ainsi fait baron pour ses réalisations en tant que conservateur en chef des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. 

Philippe Roberts-Jones accompagné du Roi Baudouin et de la Reine Fabiola à l'inauguration de l'extension des MRBAB

Une carrière longue et riche pour cet homme qui a indéniablement marqué le domaine de l'histoire de l'art en Belgique. Avec sa disparition, les Musées Royaux des Beaux-Arts perdent un de leurs grands directeurs, mais également un homme visionnaire qui a enclenché la modernisation des musées. Ses actions ont marqué les esprits et continueront à inspirer les prochaines générations. 

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