Des jihadistes saccagent un musée de Ninive

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Les combattants de l’État islamique ont diffusé une vidéo où ils détruisent les trésors archéologiques d’un musée à Ninive, au nord de l’Irak. Ils y expliquent lutter de la sorte contre l’idolâtrie, suivant une injonction du prophète qui date de 622, au début de l’ère islamique (hégire), quand, obligé de fuir La Mecque, Mahomet aurait demandé de retirer toutes statues et reliques proches de la Kaaba, ce temple sacré vers lequel les croyants se courbent pour la prière.

Des jihadistes ont réduit en miettes des statues, frises et autres trésors pré-islamiques du musée de Mossoul, dans le nord de l'Irak, selon une vidéo mise en ligne jeudi par le groupe Etat islamique.

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Des experts ont confirmé et déploré ces destructions, qu'ils ont comparées à la démolition des Bouddhas de Bamiyan par les talibans en Afghanistan en 2001.

 

Voyant cela, la directrice générale de l'UNESCO a immédiatement demandé la convocation d'une réunion de crise du Conseil de sécurité des Nations unies.

 

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Le petit film de cinq minutes montre des activistes de l'EI en train de faire tomber des statues de leur socle et de les détruire à coups de masse. Ils vandalisent les collections du musée de Mossoul, qui renferment des objets inestimables des périodes assyrienne et hellénistique, datant de plusieurs siècles avant l'ère chrétienne.

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Dans une autre scène, ils ont également recours à un perforateur pour défigurer un imposant taureau ailé assyrien en granit, sur le site archéologique de la porte de Nergal à Mossoul, ville contrôlée par les jihadistes depuis l'été.

"Fidèles musulmans, ces sculptures derrière moi sont des idoles pour les peuples d'autrefois qui les adoraient au lieu d'adorer Dieu", déclare un jihadiste en s'adressant à la caméra. "Le soi-disant Assyriens, Akkadiens et d'autres peuples avaient des dieux pour la pluie, pour les cultures, pour la guerre", poursuit-il, avant de rappeler que "le prophète (Mahomet NDLR) a ôté et enterré les idoles à la Mecque".

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Le Metropolitan Museum de New York (Met), l'un des plus grands musées du monde, a qualifié de "catastrophique" ces destructions "visant l'un des musées les plus importants du Moyen-Orient". "La collection du Musée de Mossoul couvre toute la gamme de la civilisation dans la région, avec des sculptures remarquables de villes royales comme Nimrud, Ninive, et Hatra", a souligné le directeur du Met Thomas Campbell.

Le sort des collections du musée est incertain.

 

• Pourquoi?

 

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L'ONU a adopté au début du moins une résolutions visant à freiner le trafic d'antiquités provenant de pillages en Irak et en Syrie, un commerce qui a alimenté les caisses de l'EI.

Dans la vidéo mise en ligne par les jihadistes jeudi, un homme lance "même si cela vaut des milliards, on s'en fiche".

Sur son blog Antiquités en zone de conflit, le Dr Samuel Hardy, archéologue et criminologue, souligne qu'on ne voit que la destruction de pièces massives. Tout ce que montre la vidéo, c'est qu'ils sont prêts à détruire des objets qu'ils ne peuvent pas transférer et vendre", écrit-il.

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Les jihadistes contrôlent Mossoul, la deuxième ville d'Irak, depuis une offensive début juin au cours de laquelle ils ont conquis de large pans du territoire irakien.

Ils ont systématiquement pris pour cibles les minorités dans la ville et ses alentours, et détruit le patrimoine archéologique, y compris des mausolées sunnites, déclenchant des condamnations internationales.

Mossoul était habitée par une mosaïque de minorités, dont les Assyriens qui sont désormais une minorité ayant embrassé la foi chrétienne et se considérant comme les habitants autochtones de la région.

Plusieurs villages assyriens ont été conquis par l'EI en Syrie voisine ces derniers jours, et au moins 220 Assyriens capturés lors de cette offensive.

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