Deux générations américaines à la galerie Hufkens

Matt Connors chez Xavier Hufkens.

Les géométries ultra-colorées Matt Connors font face à l'œuvre de Sherrie Levine qui sculpte la répétition et la reproduction. De beaux trophées pour la galerie bruxelloise.

Né en 1973, barbu, le cheveu ras, un bras tatoué digne du Moby Dick de Melville, Matt Connors peint depuis l’enfance, mais a attendu la trentaine pour s’exposer. Avec «Swap» (Échange), il mêle les médiums: peintures, œuvres sur papier, photos. Sa peinture est d’une sensitivité qui joue sur nos désirs et nos privations. Hex Floder compose une géométrie électrisante, ultra-colorée, faite de débordements.

Radiator (2021), grande figure aux dominantes jaunes, dégage une chaleur anthropomorphe. Dans le registre de l’effacement, Enlarged Error (2021), en oblitérant l’essentiel des géométries éclatantes du peintre, crée une sensation de manque à couper le souffle.

Sculpture de Sherrie Levine présentée chez Xavier Hufkens.

Sherrie Levine

Née en 1947, cette Américaine sculpte la répétition et la reproduction. Les masques corporels tatoués de Sherrie Levine et ses séries de crânes de lynx sont moulés à partir d’un masque makondo (Tanzanie) ou d’une carcasse d’animal, possible réminiscence des bronzes polis de Brancusi et des crânes bovins que peignait une autre Américaine, Georgia O’Keeffe, qui n’étaient pas pour elle des trophées de mort, mais de renaissance.

Qu’elle joue de la «pixellisation» des tympans de cathédrale de Monet (Cathedral: 1-9) pour en recomposer les couleurs dans l’abstraction ou qu’elle s’empare de la bouteille ou de l’échiquier, motifs emblématiques des cubistes et des surréalistes, de Man Ray ou Duchamp, elle met leur signification en suspens.

À la galerie Xavier Hufkens

"Swap"
Matt Connors, jusqu'au 3 avril

"Sherrie Levine Sherrie Levine"
Jusqu'au 10 avril

Note de L'Echo: 4/5

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