La maison de vente Aguttes s'expose désormais aussi au Sablon

Exposé à l’ouverture, un Brueghel le jeune adjugé 1,25 million €. ©doc

Quatrième acteur du marché français, la maison familiale vient de s’installer dans un espace de 300m2 à la rue des Minimes. Des expositions thématiques seront organisées prochainement dans les murs.

Nouvel arrivant sur la scène des maisons de vente et des galeries d’art bruxelloises, Aguttes a posé ses valises en plein cœur du Sablon, a-t-on appris. La maison de vente aux enchères française vient en effet de reprendre les murs occupés jusqu’ici par Jan De Maere, célèbre marchand spécialisé dans les maîtres flamands des XVIe et XVIIe siècles, dans les petites sculptures datant du XVe au XIXe et dans les dessins de maîtres anciens datant du XVIe au XIXe siècle.

Situé entre le Musée juif et l’une des boutiques phares du chocolatier Pierre Marcolini, ce nouvel écrin de 300 mètres carrés répartis sur trois étages doit lui permettre d’exposer, mais aussi lui servir de lieu de rencontre pour accueillir des clients jusqu’ici reçus dans des lieux loués pour l’occasion. Un plus de taille. Car "si on travaillait très régulièrement avec Bruxelles, nous ne disposions pas pour autant de murs en propre jusqu’ici en Belgique", nous explique Claude Aguttes, fondateur de la maison interrogé sur ce développement. Dès lors, "quand Jan De Maere a décidé d’arrêter son activité dans cet espace de la rue des Minimes, on a tout de suite pensé à y ouvrir quelque chose".

"Quand Jan De Maere a décidé d’arrêter son activité dans cet espace, on a tout de suite pensé à y ouvrir quelque chose."
Claude Aguttes
Fondateur et directeur des ventes d’Aguttes

C’est Maximilien, le fils du commissaire-priseur, qui a supervisé le projet, désormais arrivé à son terme. Après quelques travaux, Aguttes est prête pour son aventure bruxelloise. Une première exposition s’est d’ailleurs déjà tenue du 21 au 22 mai dernier, mettant en lumière une exceptionnelle peinture de Pieter II Brueghel le jeune, des œuvres de Boudin, Dufy, Lebasque mais aussi Jeff Koons, JonOne, ou encore des peintres venus d’Asie et beaucoup d’autres objets rares et précieux tels qu’une robe impériale de la période Qing, un Bouddha tibétain du XVIIe siècle, ou encore une canne à système ayant appartenu à Napoléon.

Pour la suite, "on veut faire vivre ce lieu par thématiques. On organisera par exemple une semaine sur l’Extrême-Orient, puis une autre sur les tableaux modernes, avec chaque fois la présence successive de nos experts", confie celui qui créait en 1974 déjà l’entreprise qui porte son nom. Aujourd’hui, Aguttes emploie une bonne quarantaine de personnes, dont trois des enfants du fondateur. "On est en plein démarrage, il faut encore que tout se mette vraiment en place", sourit-il.

L’homme évoque d’ailleurs une possibilité d’aménager, au-dessus de la galerie, un petit appartement pour son usage personnel, qui lui permettrait dès lors de visiter à loisir la scène culturelle bruxelloise lors d’escapade de fin de semaine.

De quoi lui permettre de se ressourcer ou bien de s’inspirer, loin du berceau parisien de la maison ou de son antenne lyonnaise, lui qui a fait grandir Aguttes jusqu’à une position de choix. En chiffres, Aguttes n’a rien d’un petit acteur. Forte d’adjudications à 51,4 millions d’euros en 2018, en hausse de 17% par rapport à l’année précédente, l’entreprise française se positionne à présent comme leader dans les bijoux, les livres anciens et les peintures d’Asie.

En France, elle se hisse globalement au rang de quatrième maison de vente en volume d’affaires, quand elle se glisse même dans le top 10 européen. "Tout cela, en étant resté indépendant", souligne Claude Aguttes, à la différence d’autres maisons telles que le leader français Artcurial, aux mains de Nicolas Orlowski et de la famille Dassault.

Une situation que le directeur de la maison entend préserver, tout comme ses enfants, en une période où un compatriote notoire vient d’acheter… Sotheby’s. "Vous savez, je ne prends de repas que trois fois par jour, n’ai donc absolument pas la nécessité de toucher un gros chèque. Et puis, je vous rassure, Patrick Drahi ne m’a pas appelé", conclut notre interlocuteur enthousiaste qui entend concurrencer les Millon, Pierre Bergé et autres acteurs français, de même que la scène locale, avec des ventes centralisées dans son QG de Paris.

Rue des Minimes 9, 1000 Bruxelles: www.aguttes.com

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