Machines minimales, poésie maximale à la Patinoire royale

Roger Vilder.

Après cette phase de gel de nos sociétés, la Patinoire royale propose "ce mouvement qui déplace les lignes" (titre emprunté aux "Fleurs du Mal" de Charles Baudelaire), ensemble de pièces cinétiques insolentes, joueuses, d’une poésie jubilatoire, qui fouillent avec subtilité les mécanismes du mouvement.

Le grand belge Pol Bury, disparu en 2005, et ses machines à la claudication cocasse, et le trio bruxellois LAb[au], et ses monochromes thermiques qui changent de couleur, ont de quoi étonner plus d’un enfant. Surtout, l’enchanteur Canadien Roger Vilder, né en 1934, est ici la plus belle (re)découverte. Ses cubes arachnéens au néon, volumes vides qui déclinent la bande de Moebius, sont une prouesse.

Ses machines organiques minimales, simples ressorts qui se tendent et se détendent sur fond blanc ou noir, génèrent un mouvement imprévisible à l’extrême limite de l’immobilité, qui recrée avec une ingénieuse économie de moyens un monde organique que l’on pourrait observer au microscope: "Organisme géométrique 5" évoque les mutations de l’amibe, "Géométrie organique 3", des étoiles de mer, et tant d’autres, comme ses " Pulsations " de 1966, assemblages d’engrenages aux symétries fugaces, ou ses "Lignes de néon couleur 1974", des Mondrian mobiles d’une lenteur extrême.

C’est un défilé d’envoûtements et de surprises, une œuvre cousine du grand Tinguely qui disait: "Notre seule certitude, c’est le mouvement."

"Ce mouvement qui déplace les lignes", jusqu'au 29/8/20, rue Veydt 15, 1060 Bruxelles:

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