Nino Mier, galeriste "Les Bruxellois sont plus cool que les Allemands et moins arrogants que les Français!"

Le galeriste autrichien Nino Mier. ©Doc

Bruxelles reste attractive pour le marché de l’art, comme le prouve le galeriste autrichien Nino Mier qui vient d’ouvrir une succursale au Sablon avec le soutien des frères Janssen, et que l’on pourra découvrir à l’occasion de l’Art Brussels WEEK, du 3 au 6 juin.

En pleine pandémie, deux galeristes étrangers misent sur Bruxelles. La brésilienne Jaqueline Martins s’installe rue au Laines, à deux pas de la salle de ventes Lempertz. La deuxième galerie étrangère ouverte en 2021, à Bruxelles, rue Ernest Allard, est celle de Nino Mier, galeriste autrichien de Los Angeles, qui y présente un mixte d'artistes américains et européens, principalement des peintres. Cette semaine, il ouvre avec Mindy Shapero et ses séries de peintures psychédéliques flanquées de deux œuvres sculpturales.

 «Les Bruxellois sont plus cool que les Allemands et moins arrogants que les Français!», nous lance-t-il. L’engouement de Nino Mier pour notre scène artistique lui a inspiré cette ouverture. Il la resitue dans un contexte historique: «L’Allemagne de l’après-guerre a eu un fort tropisme pour l’art, et une génération désormais octogénaire ou nonagénaire d’artistes et de galeristes avait un appétit de découverte qui a généré d’immenses collections de l’art vivant de la période.»

"Pour moi, passer de Bruxelles à Anvers, c’est comme passer d’un quartier de Los Angeles à l’autre."
Nino Mier
Galeriste

«À Los Angeles, j’observe aussi un appétit similaire. À Bruxelles, et bien sûr à Anvers, je perçois une énergie comparable: un attrait prédominant pour la peinture et la sculpture, d’intenses échanges entre collectionneurs. Nous avons un espace à Cologne, où un vernissage accueille vingt visiteurs; à Bruxelles, nous en avons reçu 400 le premier jour».

Qu’en est-il de l’Allemagne actuelle? «C’est le pays où chaque ville moyenne, parfois de gros villages, possèdent une Kunsthalle subventionnée par l’État ou le Land. Cependant, ces espaces très bien dotés, avec leurs commissaires, ne se consacrent pas à détecter l’art actuel. D’autre part, ces lieux se consacrent à l’art allemand». Au contraire, les espaces bruxellois recherchent cet art vivant, et Nino Mier est convaincu que le Sablon peut devenir un quartier propice à ces mouvances.

Bruxelles-Anvers, comme Los Angeles

Il perçoit la scène belge à travers le prisme de la mégapole Los Angeles. Le binôme Bruxelles-Anvers est son aire de jeu: «Pour moi, passer de l’une à l’autre, c’est comme passer d’un quartier de Los Angeles à l’autre. Anvers est plus dynamique, plus branchée, mais Bruxelles a ma préférence en raison de son atmosphère plus sérieuse, plus old school, et j’y reçois le soutien et les encouragements fervents des frères Janssen, Rodolphe et Sébastien, qui comprennent tout l’intérêt d’accueillir de jeunes galeristes comme moi, qui ne font qu’ajouter à l’énergie de la ville».

"Nous ferons six expositions par an. Je serai présent à chaque fois deux semaines pour rencontrer les réseaux de l’art. J’exposerai ensuite la scène belge en Amérique."
Nino Mier
Galeriste

Il ouvrira ainsi son espace bruxellois aux artistes qu’ils représentent, mais aussi à des rencontres avec des artistes qu’il ne représente pas lui-même, et enfin à de jeunes artistes belges. «À l’ouverture à Los Angeles, au lieu d’exposer la scène locale, étant Autrichien, inspiré par l’Allemagne, j’ai réuni une jeune génération de peintres de Rhénanie (Cologne, Düsseldorf), comme Jan-Ole Schiemann, Jana Schröder, Andreas Breunig, Thomas Wachholz, sortis de la même promotion de l’école d’art de Düsseldorf. Avec Alexia van Eyll, qui dirige ma galerie bruxelloise, nous ferons six expositions par an. Je serai présent à chaque fois deux semaines pour rencontrer les réseaux de l’art. Je tiens à défendre de la même manière la jeune scène belge, que j’exposerai ensuite en Amérique

→ Infos: www.miergallery.com

Art Brussels Week se déploie à travers 125 galeries dans le monde

Du 3 au 6 juin, 60 galeries belges seront ouvertes à Anvers, Bruxelles, Knokke. Mais bien d’autres seront également disponibles en ligne sur la plateforme Artsy.

Une foire se prépare très à l’avance: «Depuis mars 2020, nous avons annulé deux éditions d’Art Brussels et reporté nos engagements avec 160 galeries dans 28 pays. L’Art Brussels WEEK sera le premier événement en présentiel que nous arrivons à faire aboutir depuis la pandémie», explique Anne Vierstraete, la directrice d’Art Brussels. «À travers Febelux, les organisateurs de foires n’ont eu de cesse de plaider auprès des pouvoirs publics la possibilité d’organiser des événements en intégrant des protocoles sanitaires stricts. Easyfairs, notre entité organisatrice, a dès le premier confinement engagé un partenariat avec le groupe SGS, leader mondial en compliance afin de garantir la conformité sanitaire des foires du groupe».

Sur 4 continents

Le public d’Art Brussels est 80% belge et 20% international, «mais nos galeries viennent du monde entier. C’est la spécificité d’Art Brussels WEEK: 125 galeries ouvriront leurs portes dans de nombreux pays sur 4 continents, sous une bannière; à Paris, où aura lieu simultanément le Paris Gallery Weekend, nous comptons 18 galeries. L’événement se déploiera aussi en ligne sur la plateforme Artsy, où l’on retrouvera les présentations résolument contemporaines des 125 galeries participantes.»

Pour le futur, nous renouerons avec notre manifestation physique en conservant aussi sa dimension virtuelle. La pandémie a poussé les galeries vers ces outils virtuels, le marché se déclinera autour d’une combinaison entre le physique et le digital.»

Du 3 au 6 juin, Contemporary Art Gallery Tour et, du 1er au 14 juin, Online Viewing Room avec Artsy: www.artbrussels.com

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