Paris accueille la Fiac

Cette grande gravure sur bois des frères Tobias est proposée par la galerie Rodolphe Janssen à la Fiac.

Vous avez raté Frieze qui a fermé ses portes dimanche dernier à Londres? Qu’à cela ne tienne, ne manquez pas la Fiac qui s’ouvre ce jeudi 21 octobre 2010 à Paris pour quatre jours dédiés à l'art contemporain.

La Fiac en est à sa 37e édition, mais elle n’a jamais autant donné de gages d’avenir. Contrairement à la Biennale des Antiquaires qui peine à sortir du protectionnisme franco-français depuis des années, la Fiac se profile comme un salon véritablement international. Et sans doute plus consensuel que Frieze qui lui a pourtant fait de l’ombre pendant deux ou trois ans. Aujourd’hui, la foire française semble ne plus souffrir de la comparaison. Au contraire, la complémentarité et la proximité des deux foires peut bénéficier à l’une comme à l’autre. Un seul écueil cependant à éviter: les galeries qui participent à la manifestation londonienne doivent à tout prix éviter d’accrocher à Paris les invendus de la semaine précédente. Une gageure pour les galeries qui font le grand écart entre les capitales anglaises et françaises. Mais la crédibilité de la Fiac est à ce prix. D’autant que nombreux sont les collectionneurs qui visitent les deux foires.

À la différence de Frieze qui présente l’avantage d’un lieu unique, la Fiac se disperse en deux endroits: le Grand Palais et la Cour carrée du Louvre. Cette dichotomie est néfaste, à l’image du second lieu, qui passe pour abriter le "second choix". Certes, le discours officiel veut que les galeries plus jeunes ou plus prospectives y soient reléguées, mais la réalité est là: seuls les visiteurs les plus motivés visitent les deux lieux. Pour remédier à cet inconvénient, le pavillon de la Cour carrée est déjà accessible la veille du vernissage du Grand Palais, mais cette impression de foire à deux vitesses reste problématique, puisque rares sont ceux qui peuvent se permettre de consacrer plusieurs jours à la manifestation. Les vrais "mordus", bien sûr, mais en fonction de leur acuité à acheter les moins connus, à prendre des risques en quelque sorte, ils privilégieront le Grand Palais ou la Cour carrée. Cela étant, la participation récurrente de nombreuses galeries au satellite du Louvre montre que les ventes suivent…

Week-end

Bien que le vernissage ait lieu sur invitation mercredi, c’est sans doute le week-end prochain que la Fiac connaîtra sa période d’affluence. Outre les nombreux amateurs d’art qui ne peuvent se permettre de dépenser l’équivalent d’un mois de salaire pour un dessin d’un artiste de moins de 30 ans, viendront aussi ceux qui peuvent se permettre de craquer pour un coup de cœur. Certes, les pièces les plus "hot" ne seront plus disponibles, mais il restera assez de bonnes pièces pour les "retardataires". D’autant que, contrairement à la vente en galerie, l’achat en foire est souvent plus impulsif lorsqu’il a lieu lors d’un vernissage. L’idée de rater quelque chose est bien présente, tandis que, après quelques jours d’ouverture, les œuvres toujours disponibles peuvent être acquises après réflexion.

Paris

Se rendre à la Fiac, c’est se rendre à Paris. Le programme des expositions, tant en galerie que dans les institutions est alléchant. Par conséquent, même si la foire requiert toute l’attention, en deux lieux a fortiori, la visite de quelques expositions s’impose. Pour ceux qui n’ont pas pu la voir à la Fondation Beyeler à Bâle, la rétrospective de l’œuvre de Jean-Michel Basquiat proposée par le Musée d’art moderne de la Ville de Paris vaut évidemment le détour. Tout comme l’exposition consacrée par le Musée d’Orsay à Claude Monet qui se tient elle aussi au Grand-Palais.

Par Henry Bounameaux

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