Tous à Londres!

©Linda Nylind

La semaine du 12 octobre sera celle de toutes les tentations pour les amateurs d’art grâce à Frieze London et Frieze Masters, sans compter sur les ventes de Christie’s et Sotheby’s.

Le calendrier sera chargé. Qu’on en juge: le mercredi 14 octobre, Frieze London et Frieze Masters sont inaugurées, tandis que Christie’s dispersera, en tandem avec la société de Pury, des pièces provenant de la baronne Philippe Lambert, dont le beau-frère, le banquier belge Léon Lambert, est resté célèbre pour sa collection d’œuvres moderne, dont certaines sont actuellement la propriété de la banque ING et exposées dans ses locaux bruxellois. Le vendredi 16, la même maison de King Street proposera sa traditionnelle vente italienne, ainsi que la première partie de sa vente d’art contemporain, la seconde partie étant prévue pour le samedi 17. Chez Sotheby’s, le programme est le même, mais il est en décalage un jour plus tôt. Phillips suivra le même calendrier que Sotheby’s pour ses ventes.

Frieze London

©Linda Nylind

La treizième édition de cette foire d’art souvent très contemporain aura lieu, comme à l’accoutumée, dans un pavillon éphémère dans Regent’s Park. Cette année, 164 galeries provenant de 27 pays différents s’y donnent rendez-vous. Qu’il s’agisse des galeries actuellement les plus en vogue montrant des artistes tout aussi médiatisés, ou de jeunes galeries ("Focus section") dont la qualité est validée par des curateurs, que les organisateurs nous vendent comme étant particulièrement clairvoyants, tout est fait pour rassurer le public sur la qualité de la manifestation. Et il est vrai que cette foire, qui a connu un succès fulgurant, compte désormais presque autant qu’Art Basel, à tout le moins pour le versant contemporain. Pour les amateurs d’art plus classique, en ce compris l’art des années 1960 à 1990, Frieze Masters, le salon complémentaire qui lui a été couplé voici seulement quatre ans, devrait calmer l’appétit.

Frieze Masters

130 marchands participent à ce rendez-vous qui, lui aussi, est devenu un "must". Qualitativement plus intéressant que Masterpiece, l’autre salon généraliste londonien qui a lieu au début de juillet, cette foire couvre toutes les époques et toutes les disciplines. Si l’on compte un nombre élevé de manifestations d’art contemporain, les salons d’art classique sont nettement moins pléthoriques, surtout à ce niveau. Le seul concurrent direct de Fieze Masters est sans aucun doute la Tefaf de Maastricht, dont le monopole n’a pas encore été détrôné, mais qui doit cependant se méfier de ce concurrent londonien. En effet, il est nettement plus agréable de séjourner à Londres qu’à Maastricht, d’autant que la plupart des grands marchands d’art ancien, qui font la force de l’événement mosan sont, soit présents à Frieze Masters, soit attendent la visite de leurs clients dans leur galerie londonienne. Les musées de Londres offrent également des expositions avec lesquelles la charmante petite ville limbourgeoise ne peut rivaliser et, pour les moins intéressés par l’art, le shopping à Londres n’est pas non plus à négliger…

Grandes ventes

Très intelligemment, depuis quelques saisons maintenant, les grandes maisons de ventes publiques ont saisi l’opportunité de la "Frieze week" pour organiser des ventes de prestige à Londres pour l’art de la seconde moitié du XXe siècle à nos jours. La clientèle est sur place et elle est venue pour acheter. Les ventes auront lieu après les premiers jours d’ouverture des foires, ce qui démontre une certaine élégance, mais les expositions des œuvres à vendre seront accessibles en même temps que celles-ci. Frieze a fait changer les habitudes du marché des ventes publiques, car octobre n’offrait jadis que ce qu’on appelait des "ventes intermédiaires". Dans l’ensemble cependant, il y a peu de chefs-d’œuvre et les premières parties en soirée des ventes des grands auctioneers sont assez classiques et tout aussi formatées que les ventes qui auront lieu à New York en novembre ou, à nouveau dans la capitale britannique, en février 2016. Bref, chacun a gardé son créneau et ces ventes sont finalement plus en concurrence avec des participants de Frieze Masters que de Frieze London. Quoi qu’il en soit, cette semaine londonienne attirera des amateurs du monde entier, dont certains se retrouveront à la Fiac à Paris, une ville qui n’est pas non plus sans atouts, la semaine suivante, puisqu’elle s’ouvrira au public le 22 octobre, le vernissage (sur invitation) ayant lieu la veille. Dans la capitale française, certaines maisons de ventes en profiteront également pour tenir le marteau. Mais, si le temps d’un collectionneur est précieux, nul doute qu’il préférera Londres à Paris!

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