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Vivre, dessiner, écrire, selon Rinus Van de Velde

L'artiste plasticien Rinus Van de Velde. ©Alexander D'Hiet

Avant de planter son univers en miroir à Bozar-Europalia, en février 2022, Rinus Van de Velde joue devant notre œil d’un kaléidoscope de 62 pastels chez Tim van Laere, à Anvers.

Rinus est habité par son médium. «En 2016, j’ai découvert ces pastels de Sennelier (le «marchand de couleurs» français historique, fondé en 1887, NDLR). Je leur ai demandé toutes les couleurs disponibles, et l’une de ces grandes boîtes si belles qui trônent dans leur vitrine.»

Le plasticien flamand ne sait plus s’il s’est saisi d’eux ou s’ils se sont saisis de lui. Pour lui, le pastel à l’huile n’est pas de la peinture, mais bien du dessin. «Le crayon, c’est fastidieux à travailler en grand format. Seuls Pierre Klossowski et David Hockney y sont parvenus.» Le dessin ne doit pas être un croquis ou un fragment, mais une œuvre à part entière. «L’art, c’est chercher sa matière et trouver le moyen de la travailler de la façon la plus riche.»

Vivre, dessiner, écrire

Le mariage qu’il vit avec le pastel à l’huile depuis deux ans lui rappelle une autre union qu’il a vécue librement avec le fusain. «Quand je travaillais au fusain et à la craie, je sentais que j’allais passer des années avec ce médium. Des pièces naissaient en moi, abstraites, figuratives, paysages…»

Le pastel n’est-il pas l’enfant multicolore du fusain monochrome? «En un sens, oui.» Rinus n’imagine pas de dessin sans texte: «L’œuvre est tissée de vies que je n’ai pas vécues. Le texte vient après le dessin, mais il naît pendant que je dessine».

«L’œuvre est tissée de vies que je n’ai pas vécues. Le texte vient après le dessin, mais il naît pendant que je dessine.»
Rinus Van de Velde
Artiste plasticien

L’atelier est le lieu de cette gestation. «J’y travaille et j’y vis. J’échange beaucoup avec mon ami, l’artiste graphique Henk Visch, sur l’ordre des lieux.» À la galerie Tim van Laere, la salle multicolore des dessins contraste avec celle de l’installation: un coffre-fort, décor de son troisième film. La salle de ce coffre est sombre, froide, effrayante… «Et il contient, j’imagine, des dessins qui sont une fenêtre ouverte sur mon crâne.» Et après? «Après, un nouveau médium, mais je ne force rien. C’est une attente, mais sa venue sera organique ou ne sera pas.»

Expositions

«Rinus Van de Velde»
Jusqu’au 19 novembre, à la galerie Tim van Laere, à Anvers.

«Rinus Van de Velde - Inner travels».
Du 18/2 au 15/5/2022, à Bozar, dans le cadre d’Europalia.

RINUS VAN DE VELDE - TIM VAN LAERE gallery 2017

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