Xavier Hufkens inaugure une troisième galerie à Ixelles

Le galeriste Xavier Hufkens, posant dans son nouvel espace, inauguré par une expostion Sterling Ruby, "A RELIEF LASHED + A STILL POSE". ©saskia vanderstichele

Le galeriste Xavier Hufkens y présente les bricolages flamboyants de Sterling Ruby, tandis qu’il expose dans ses deux autres galeries Pierre Guyotat, poète du mot et du trait, et Michel François, maître des courbes.

Pour le galeriste Xavier Hufkens, "ces trois expositions participent de l’opposition entre enfermement et libération". Dans la troisième galerie qu’il vient d’ouvrir rue Van Eyck (quel nom…), les variations du Californien Sterling Ruby autour de la fenêtre sont un choix idéal pour espace naissant: chûtes, cageots, palettes, rebuts de travaux précédents, mais aussi morceaux de la grange de sa mère hollandaise qu’il recompose, il fait pièce de tout bois. Il en tire des bricolages flamboyants, cousins des futuristes russes, autour d’une "formule rudimentaire", celle du croisillon.

Après l’avoir explorée en deux dimensions, il la rejoue en trois, et la couleur vibrante, d’un pinceau vigoureux, prête chair et mouvement à ses emboîtements. Ce sont des jeux de hasard, au sens mécanique d’une pièce désajustée, qui a du jeu.

L’anneau de Moebius signé Michel François

Les matrices métalliques du Belge Michel François, ces enroulements de métal tenus par des aimants-boules, sont autant de boucles d’énergie maîtrisée qui se déploient dans leur cadre avec grâce, perfection et ironie à partir d’un seul ruban d’acier long de 95 mètres. À l’opposé des croisements rugueux de Ruby, ses longues lames évoquant les ressorts de moteurs immobiles ne se chevauchent jamais: elles s’enroulent, se poursuivent avec une fluidité aussi prodigieuse qu’ironique. Nous sommes face à autant d’allégories de la frontière, cette bande de Moebius qui nous sépare autant qu’elle nous unit, et qu’on voudrait franchir d’une seule détente.

Michel François in conversation with François Piron

Plume française, Pierre Guyotat

Pierre Guyotat nous a quittés en février. Avec ces 60 dessins, il revenait au trait après 40 années de mots. Les corps nus tracés d’une main lubrique et légère sont des faunes qui croisent et enroulent leur corps avec langueur. Guyotat qui dessine ces corps (avec des mots ou avec des traits) "en posant une main sur l’épaule de celui qui souffre" les ponctue de taches rouges qui, comme les aimants de Michel François, attirent notre regard vers les zones brûlantes de ces corps.

Pierre Guyotat. (c) Xavier Hufkens

Serein, Hufkens songe que "nous n’aurons pas Bâle, éventuellement Frieze à Londres en octobre, mais peut-être pas de FIAC, à Paris", ces foires capitales pour les galeries, "mais on survit à cela". Leur annulation a inspiré l’alternative de la "foire en ligne, solution adéquate aux circonstances. Sans remplacer l’expérience physique d’une foire ou d’une galerie, elle permet aux collectionneurs de garder le contact avec l’art qui les stimule. La foire en ligne permet aussi de consacrer une attention et un temps égal à tous les collectionneurs: les échanges sont approfondis".

«La foire en ligne permet aussi de consacrer une attention et un temps égal à tous les collectionneurs: les échanges sont approfondis.»
Xavier Hufkens
Galeriste

En un sens, "l’arrêt imposé était aussi libératoire". Lui qui a cette galerie depuis 33 ans, "il lui fallait un nouveau défi" en Belgique et nulle part ailleurs, et s’il ne veut "rien oublier" de cette période unique, il tient à accomplir ce qu’il s’était fixé avant.

Galerie
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3 espaces, 3 artistes chez Xavier Hufkens

>20.6.20 Michel François, 6 rue Saint-Goerges, 1050 Bruxelles

>25.7.20 Pierre Guyotat, 107 rue Saint-Georges, 1050 Bruxelles

>1.8.20 Sterling Ruby "A RELIEF LASHED + A STILL POSE", 44 rue Van Eyck, 1050 Bruxelles (nouvelle galerie)





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