chronique

David Linx et Chet Baker en vedette du River Jazz Festival

Ce vendredi 13 janvier sera lancée la 3e édition du River Jazz Festival. Son concept? Une programmation 100% jazz orchestrée par trois institutions culturelles bruxelloises, la Jazz Station, le Senghor et le Marni.

Depuis plusieurs années, la Belgique est sans doute devenue une nouvelle terre de jazz. La raison? L’émergence de ses musiciens sur la scène jazz contemporaine, mais aussi l’importance de ses infrastructures, tant ses écoles que ses festivals. Dès lors, le River Jazz Festival serait-il un événement "de plus", voire "de trop", dans un secteur étroit et restreint, où l’on retrouve, au fil des années, peu ou prou les mêmes programmations? Peut-être pas… En effet, créé il y a de cela 3 ans, le River Jazz Festival se démarque des autres organisations par une importance réflexion accordée à l’interculturalité. Une interculturalité qui se marque aussi bien sur l’affiche que dans le projet même. Pendant 15 jours, 14 concerts sont ainsi programmés dans trois communes bruxelloises (Ixelles, Etterbeek et Saint-Josse), placés sous le signe de la diversité, avec des interprétations venues de Belgique, mais aussi de France, d’Italie, d’Iran ou encore d’Afrique du sud.

Fils conducteurs

Plusieurs fils conducteurs relient symboliquement et physiquement les trois institutions organisatrices: la River Jazz Night et le focus. Pour l’édition 2017, la River Jazz Night sera orchestrée par le contrebassiste Nicolas Thys qui proposera une prestation unique dans chacun des trois lieux.

Autre événement dans l’événement, le focus consacré à Chet Baker, grâce à un concert de Stéphane Belmondo et une conférence de Jean-Pol Schroeder de la Maison du Jazz Liège. Et pour le concert d’ouverture, une autre programmation totalement inédite: la prestation de David Linx.

Né au début des années 60, David Linx est un chanteur et compositeur belge. Les anthologies de jazz diront qu’il a grandi avec la musique, grâce à son père, compositeur et, entre autres, fondateur du Middelheim Festival d’Anvers. Si le jeune homme commence son apprentissage musical par une initiation à des instruments tels que le piano ou la batterie, il se tourne rapidement vers le chant.

©Alexandre Lacombe

Classique et moderne à la fois, il découvre les maîtres du jazz qui l’influenceront tant au niveau vocal, avec Ella Fitzgerald, qu’instrumental, avec Miles Davis. Il sort un premier album en 1985, "A Lover’s Question", qui le fera connaître en Europe et aux Etats-Unis.

"Le jazz est le laboratoire parfait pour oser plein de choses."
David Linx

David Linx est aussi un homme d’art, n’hésitant pas à mélanger les genres et les styles. Aussi aime-t-il faire entrer la littérature et la poésie dans le jazz. De cette passion, naîtront des collaborations complices avec des écrivains comme James Baldwin, par exemple. Et de belles rencontres, il en fera d’autres: Linx va travailler, tout au long de sa carrière avec des artistes comme Diederik Wissels, Steve Coleman ou Bernard Lavilliers. Il est considéré, à juste titre sans doute, comme l’un des artistes vocaux masculins parmi les plus talentueux de sa génération. On le retrouve au Conservatoire Royal de Bruxelles où il enseigne depuis plusieurs années.

Concert d’ouverture inédit

Ce vendredi, il ouvrira le River Jazz Festival avec un concert totalement inédit "Chronicles": un spectacle singulier, à la croisée de plusieurs arts, entre littérature et jazz. Chaque chanson se présente comme l’évocation d’un souvenir ou d’une aspiration vers un futur plein d’espoirs. S’il s’acquittera de la partie "chant", il sera accompagné sur scène par Armal Dupas (compositeur et pianiste), Timothée Robert (contrebasse), Arnaud Dolmen (batterie) et Manu Codjia à la guitare. À voir si, comme le dit Linx, si le jazz sera encore, ce soir-là, le "le laboratoire parfait pour oser plein de choses"

River Jazz Festival, du 13 au 28 janvier à Bruxelles, www.riverjazz.be.

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