Le "Carry Fire" de Robert Plant

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"Carry Fire" se veut dans la lignée de "Lullaby… and the ceaseless roar" il y a trois ans. Nostalgique. Note: 4/5

Sur la pochette de son nouvel album, Robert Plant a l’air d’un vieux satyre dépité. Pourtant, contrairement à son compère Jimmy Page qui continue à rabâcher un passé incandescent, il poursuit à bientôt 70 ans une carrière aventureuse, loin du bruit et de la fureur de Led Zeppelin. Mieux: depuis qu’il a découvert la subtilité de sa voix murmurée sur "Raising Sand" avec Alison Krauss, il y a dix ans, plutôt qu’un feulement de matou, il n’en finit pas de creuser un sillon atmosphérique qui plonge dans le terreau fertile de traditions multiples tout en préservant son identité.

"Carry Fire" ne fait pas autre chose, et se veut dans la lignée de "Lullaby… and the ceaseless roar" il y a trois ans. Le ton est un brin nostalgique, mais pas mélancolique. Plant y assume son âge, les compositions en compagnie du même groupe que sur le précédent, il paie leur tribut aux traditions celtiques ("May Queen", "Season’s Song") arabisantes ("Carry fire" et son oud tout en spirales) et, sur cet album prolixe, en partie enregistré au studio Real World de Peter Gabriel, ne concède qu’une reprise: "Bluebirds over the mountain", obscur morceau des fifties popularisé par les Beach Boys et chanté ici en duo avec Chrissie Hynde. Robert serait-il toujours un great "Pretender"? 

· Nonsuch/Warner.

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