Les 30 albums favoris de Marc Ysaye

©Saskia Vanderstichele

Marc Ysaye fêtera les trente ans de son émission "Les Classiques" cette semaine. Il passera la main de la direction de Classic 21 en fin d’année. Mais il n’est pas près de lâcher le micro ni les histoires du rock.

"Quel week-end!" En s’installant lundi dernier à une table dans le foyer du Théâtre de la Toison d’Or, Marc Ysaye donne encore l’impression de chercher son souffle. Moins de 12 heures après avoir appris la mort de Mario Guccio, son vieux compère, compagnon d’armes au sein de Machiavel, ami de plus de 40 ans, Marc Ysaye était au micro de son émission dominicale "Les Classiques". Une émission hommage qui l’a laissé largement sans voix, submergé par l’émotion. Mario Guccio a été le chanteur du groupe Machiavel, le groupe créé entre autres par Marc Ysaye et dont il est le batteur.

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"Nous avons été surpris, dépassés et finalement assez heureux de l’ampleur de l’émotion que la mort de Mario Guccio a générée. Même si nous sommes dévastés… Mario était d’une très grande générosité, le public le lui rend bien finalement", dit-il la gorge encore serrée. Le 3 mars prochain, Machiavel sera sur la scène de l’Ancienne Belgique à Bruxelles, avec Marc Ysaye lui-même au chant. "C’était prévu, on en avait parlé avec Mario. Après tout, c’est moi qui chantais sur le premier album… Ce concert, ce sera une fête avec des invités, des amis de Mario et du groupe", précise Ysaye avant de couper court au sujet en se retranchant derrière sa pudeur.

L’autre actualité de Marc Ysaye, c’est le cycle de "conférences spectacle" que le patron de Classic 21 donne durant un mois dans la petite salle du Théâtre de la Toison d’or. Durant près de deux heures, ce passionné de rock raconte l’histoire de la musique, de celle qu’il aime, des années 60-70, aux racines du rock. "C’est ma vieille copine Nathalie Uffner qui m’a demandé de concevoir ce spectacle. J’en ai été très honoré. C’est un exercice bizarre, ni du théâtre je ne suis pas acteur , ni de la radio, ni du stand up… Juste un moment intime pour partager les petites histoires des monuments du rock."

Et le voilà parti à raconter déjà les origines de la prétendue "guerre" entre les Stones et les Beatles. En somme, c’est ce qu’il fait chaque semaine depuis trente ans. Ce dimanche 4 février, "Les Classiques de Marc Ysaye", l’émission qu’il anime tous les dimanches, fêtera ses trente ans d’existence ininterrompue lors d’une grande soirée au Manège, au Mundaneum et à l’Arsenic à Mons. "En fait, oui, c’est ce que je fais depuis trente ans, mais au contact direct et en interaction avec le public, ce qui me stresse particulièrement. Derrière mon micro, je n’ai pas trop l’habitude."

Playlist

Trente ans… Marc Ysaye se l’explique à peine, si ce n’est par une fidélité jamais démentie à ses valeurs. "Et la passion. Même après trente ans, le bonheur reste intact. Depuis que nous nous étions rencontrés il y a dix ans (lire L’Echo du 17 mai 2008, ndlr) avec Georges Lang, nous nous contactons régulièrement et le constat est le même. La motivation est intacte! Et lui a largement dépassé les 40 ans d’antenne avec ses Nocturnes sur RTL."

La radio, Marc Ysaye est tombé dedans quand il était petit. Au sens strict. Pensionnaire "chez les bons pères", "le bagne, une horreur!" Ysaye s’évadait par les ondes d’un petit transistor. "À 13 ans, j’écoutais en cachette Campus de Michel Lancelot sur Europe 1. J’étais convaincu qu’un jour, je ferais de la musique ou de la radio."

Il fera les deux. "Après 7 ans de musique et la séparation de Machiavel en 82 pour plein de mauvaises raisons, j’ai tenté la radio. Et je n’en suis jamais sorti." Et pourquoi la radio à l’exclusion de tout autre média? "Il y a une connexion réelle avec l’auditeur. Même si on sait qu’ils sont 150 ou 200.000 de l’autre côté, on s’adresse à chacun d’entre eux en particulier. Et si j’en touche réellement quelques-uns avec mes histoires, j’en suis très heureux."

Fin 2018, Marc Ysaye quittera la direction de Classic 21. Mais sans doute pas son émission fétiche. "On m’a demandé de rester encore… Même si j’aimerais bien aussi aller m’engluer dans les embouteillages de la mer le dimanche matin. Ca fait trente ans que j’en rêve!"

En vieux briscard de la radio, Ysaye ne s’en fait pas. "Je ferai sans doute mon émission différemment, tout comme les auditeurs consomment aujourd’hui la radio différemment, sur d’autres plateformes, en direct ou en différé", constate Ysaye, grand défenseur du direct absolu. "C’est une caractéristique de Classic 21 et j’y tiens beaucoup. La base de la radio, c’est un être humain qui parle à un autre être humain. C’est là tout la valeur ajoutée du média par rapport aux plateformes de musique en ligne. Et avec les réseaux sociaux, on est en interactivité quasi immédiate avec nos auditeurs."

Mais bien malin qui pourra dire à quoi ressembleront la radio et le paysage audiovisuel dans les 5 ans. "Une chose est sûre, on écoutera ce que l’on veut, quand on veut et sur la plateforme que l’on veut, dans une consommation de plus en plus personnalisée. Et le podcasting ou le streaming ne sont sans doute encore que les prémices de ce grand média global", prédit-il.

Même s’il commence à faire les comptes et à dresser le bilan de sa carrière, Ysaye ne se veut pas nostalgique. "Aucune amertume. Ce n’était pas forcément mieux avant. En 10 ans, nous avons doublé notre part de marché d’audience. Sans changer beaucoup notre programmation toujours centrée sur les années 60-70 et un peu plus les années 80, la moyenne d’âge de nos auditeurs est restée sensiblement la même." Visiblement, il affiche une franche confiance en l’équipe qui l’entoure. "Bien sûr, les gens ont changé depuis 2004. L’équipe s’est renouvelée. C’est indispensable. Mais en évitant le piège du jeunisme. Nous avons attiré de jeunes animateurs, passionnés de rock, comme Laurent Rieppi, qui avait 25 ans à peine quand il a commencé, ou Félicien Bogaerts qui en avait 16. Même profil pour Fanny Gillard", constate-t-il avec un plaisir évident.

La Playlist de marc Ysaye

En prélude à notre rencontre, Marc Ysaye s’est prêté au jeu de bonne grâce: dresser la playlist de ses 30 morceaux préférés. Trente morceaux qui sont devenus 30 albums. Pas de chanson française, une majorité de titres des années 70 et rien au-delà du début des années 90. "Un choix parfaitement assumé. J’aime les chanteurs français, mais pas pour le rock. Je trouve que l’on n’a plus rien inventé en matière de rock depuis les années 70, hormis le sursaut de la vague grunge des années 90 avec Nirvana ou Pearl Jam qui ont donné un coup de frais. Il y a de bonnes choses après, mais pas au point de figurer dans un top 30." Et s’il fallait classer cette sélection? "Il faudra se faire mal. L’album blanc en tête, Led Zep IV ensuite, Dark side et The Wall de Floyd en 3 et 4 (l’album Dark Side of the Moon est pourtant absent de sa liste… ndlr) et les Stones, comment y échapper!" Pas de Machiavel dans cette play-list? "Par déontologie – c’est une déformation professionnelle –, mais aussi par réalisme. Même si le groupe compte terriblement pour moi, honnêtement, par rapport à tous ceux-là, on ne fait pas vraiment le poids…"

AC-DC – Back in Black – 1980

Beatles – Double Blanc – 1968

Chicago – Chicago Transit authority – 1969

Crosby Stills and Nash – Déjà vu – 1971

Eric Clapton – 461 Ocean BLV – 1974

Deep Purple – Machine Head – 1972

Eagles – Hôtel California – 1976

Foreigner – 4 – 1982

Genesis – The lamb lies down on Broadway– 1974

Guns and Roses – Appetite for destruction – 1987

Jethro Tull – Aqualung – 1970

King Crimson – In the court of the Crimson King – 1969

Led Zeppelin – IV – 1971

Lynyrd Skynyrd – Pronounced LS – 1973

Metallica – Metallica – 1990

Nirvana – Nevermind – 1991

Pearl Jam – Ten – 1991

Pink Floyd – The Wall – 1979

Queen – Sheer Heart Attack – 1973

Rolling Stones – Get yer Ya-ya‘s out! – 1970

Supertramp – Even in the Quietest moment – 1977

U2 – Rattle and Hum – 1988

Van Halen – Van Halen – 1978

Who – Who’s next – 1971

Yes – The yes album – 1970

Neil Young – Harvest – 1971

Écoutez la playlist de Marc Ysaye sur www.lecho.be/marcysaye

 

"Marc Ysaye: Rock’n’roll", de Marc Ysaye du mercredi au samedi, du 24 janvier au 24 février au TTO à Bruxelles.


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