Nos coups de coeur musicaux

©The Delines cover

Découvrez nos trois coups de coeur musicaux de la semaine: The Delines, Hollydays et Yuja Wang.

The Delines - "The Imperial"

Rock | V2 | 2/5

©The Delines cover

Auteurs d’un premier album remarqué en 2014 ("Colfax"), ce quintette de la Côte Ouest propose une sorte de country-soul ample et habitée, portée par la voix émouvante d’Amy Boone. Laquelle fut victime d’un chauffard en 2015, qui la laissa sur le bas-côté de la route du succès. Trois ans plus tard, voici le groupe de retour avec la même chanteuse, dont la voix n’a en rien été égratignée dans le drame: sur un tapis d’harmonium à la Ray Manzarek, de slide guitare country et de mélodies dépouillées, The Delines ont repris leur voyage musical et leurs longs morceaux en forme de nouvelles: celles que rédige le guitariste Willy Vlautin, par ailleurs écrivain et auteur de romans, dont deux transposés au cinéma. Des histoires d’Amérique d’en bas, de couples ("Eddie and Polly"), de déchéance dans la prostitution ("Holly the hustle"), de petit ami disparu ("Where are you Sonny?") qui rappellent par le thème et le style le country-rock d’un John Cougar Mellencamp, et, par la voix de Boon, l’envoûtante Dusty Springfield ou une Ricky Lee Jones qui aurait du coffre. Reste que ces récits en cinémascope de grands paysages que l’on imagine des plaines du Midwest souffrent justement d’un manque… de relief. B.R

The Delines - Cheer Up Charlie

Hollydays - "Hollywood Bizarre" 

Pop | Universal Music | 3/5 

©doc

Après The DØ, Madame Monsieur et quelques autres, du nouveau du côté des couples installés en mode groupe de french pop! Sous le nom de Hollydays, Elise Preys et Sébastien Delage sortent leur premier album après quelques E.P. intéressants. Attachés à la chanson française, ils soignent leurs textes (sans exagération), leurs mélodies (sans crispation) et leurs arrangements (sans déraison). Entre trip hop, électro, pop, Hollydays navigue en connaissance de cause. C’est bien fichu mais un peu trop grave et mélancolique. Peut-être qu’à force de vouloir être pris au sérieux, on verse dans la gravité. Mais du coup, cela donne l’image d’un groupe qui n’est pas là que pour alimenter Spotify et Instagram. Et si on le voit comme ça, ce premier opus est rafraîchissant. J.L

Hollydays - Hollywood Bizarre

Yuja Wang - "The Berlin recital"

Classique | Deutsche Grammophon | 4/5

©doc

Pour ce récital capté live à la Philharmonie de Berlin, Yuja Wang a choisi, en hommage à cette ville d’intense création culturelle, un parcours risqué, associant Rachmaninov, Scriabine, Ligeti et Prokofiev. Pari difficile, en partie réussi. La pianiste chinoise, qui a grandi au Canada et vit à New-York, n’a plus grand-chose à démontrer en matière de virtuosité. Mais celle-ci n’a de sens qu’au service des émotions, lesquelles sont fluctuantes dans ce récital impitoyable. Les deux préludes et les deux études-tableaux de Rachmaninov ne manquent pas de puissance expressive. La sonate n°10 de Scriabine, l’une de ses dernières, atonale, inclassable et tellement exigeante, émeut autant par sa tendresse que par sa volubilité. Les études n°1, 3 et 9 de Ligeti imposent leur métrique diabolique. Prokofiev, enfin, et sa monumentale sonate n°8 achèvent ce parcours diabolique – mais sans le génie que lui inspirèrent Richter. L’on sort donc un peu sonné de cette heure de tensions, avec des sentiments mitigés, tout en saluant l’occasion de (re)découvrir l’infinie richesse d’un piano oublieux des grands poncifs romantiques. S.R

Yuja Wang - The Berlin Recital

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