Nouvel album frais pour Mélanie De Biasio

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Elle a racheté le bâtiment du Consulat d’Italie à Charleroi et, dans le même temps, mis en boîte un album sublime. Mélanie De Biasio, l’enchanteuse, connaît bien la différence entre les rêves et les projets...

Le moins qu’on puisse dire de Mélanie De Biasio, c’est qu’elle ne choisit jamais des paramètres commerciaux. Si elle y était forcée, elle opterait pour un autre métier. Peut-être psychothérapeute parce qu’elle sait écouter. Ou tenir une boutique de jouets ou de livres. Petite, elle rêvait déjà d’être chanteuse. Peu de gens réalisent leurs rêves d’enfant. Mélanie ne s’étend pas sur les difficultés qu’elle a pu connaître pour arriver là où on la trouve aujourd’hui. Elle a conservé la grâce comme l’intégrité. Ce doit être cela aussi qui émeut chez elle. Pas uniquement sa voix. Pas seulement ses chansons. À 39 ans, Mélanie a fait le choix de retourner à Charleroi. Même si Bruxelles reste un lieu stratégique. Mais Charleroi, ce sont ses "roots". Là où elle est née. Et où sont nés ses rêves. Alors, pour un peu plus de 300.000 euros, elle a racheté l’ancien Consulat d’Italie à Charleroi. Et cet été, elle y a dormi quelques fois sur un simple matelas. Parce qu’avant que tout son projet prenne la forme définitive qu’elle souhaite, il y aura beaucoup de boulot.

Mélanie est inclassable. Pas vraiment chanteuse de jazz, ni complètement chanteuse pop. Elle aime, par exemple, beaucoup le blues. "Je crois que c’est mon père qui m’a donné le goût du blues", dit-elle. Son label lui a dit: "Ton style, c’est du De Biasio." Son style, c’est aussi, en interview, de parler avec ses mains. Comme l’Italienne qu’elle est aussi quelque part. Mais une Italienne qui a la grâce d’une ballerine. Il faut voir ses mouvements de mains et de bras. C’est fascinant. Son style, c’est également de porter du noir mais du noir taillé dans la soie, le satin, le cachemire. Des matières nobles et douces en totale harmonie avec ce qu’elle renvoie comme message et sentiments.

Vous avez appelé "L’Alba" la bâtisse que vous avez acquise à Charleroi. Quelles sont ses particularités?

Elle date de 1887. C’est une partie d’histoire. On y est dans un autre espace-temps. Le silence, la qualité des murs, de la finition… C’était la maison d’un des premiers bourgmestres de Charleroi. Les notables de cette époque employaient beaucoup de domestiques et occupaient de grandes maisons. Je cherchais une grande maison, justement. Et je ne tenais pas à me retrouver dans un site industriel.

Cette maison, vous allez la transformer en résidence d’artistes?

Notamment, oui. Chaque étage jouera son rôle. Mon idée est d’accueillir des artistes en transition. Des artistes qui cherchent une nouvelle inspiration et acceptent de faire table rase. Je sais que la question de savoir si je suis en phase avec ce que je fais est fondamentale. Si je suis en phase, cela va émoustiller toutes mes cellules. Et réveiller cela chez l’autre. Je crois que c’est la mission des artistes. Dans cet espace, il y aura des espaces pour s’isoler et des espaces pour se connecter aux autres.

Melanie De Biasio - Gold Junkies

Recevez-vous des subsides pour ce projet?

Je suis en train d’écrire ce projet afin de trouver des fonds. Parce que je ne suis pas riche. Après, je porte la vibration, j’ai la volonté et la ténacité. Et je suis une travailleuse.

L’art de soutenir la note, de laisser place à la respiration est très frappant dans votre nouvel album.

La respiration, c’est la base. J’avais besoin de me rassembler dans quelque chose de très intime. Et je voulais pouvoir travailler avec peu de matériel et aucune pression de ma firme de disques. Elle ignorait même que je préparais cet album. Ici, j’ai tenté de donner matière au vivant.

Pourquoi ce titre "Lilies"?

Cela sonne comme un fruit frais. Et cela évoque la quête de la pureté et de la fertilité. C’est court et simple.

Et vous avez eu un allié de poids.

J’ai travaillé avec Pascal Paulus comme coproducteur. Il sait à quel point j’ai envie de m’impliquer à tous les stades de la réalisation d’un disque. Je voulais être garante de tout pour que l’idée première ne se délite pas.

Vous n’avez jamais fait deux fois le même album et, au 4e, vous gardez de la fraîcheur.

C’est mon rôle de trouver de la fraîcheur dans tous les projets que je porte. Ou alors je fais un album de remix et cela donne le projet avec Gilles Peterson. Et c’est bien aussi.

En concert les 17 et 18 décembre à l'AB.

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