Un "Don Pasquale" de Donizetti drôle et enlevé

©Baus

Les applaudissements qui, lors de la première, ont ponctué chaque scène du "Don Pasquale" de Laurent Pelly en disent long sur l’enthousiasme du public pour le spectacle de fin d’année à La Monnaie. On y rit, et cela fait du bien, après les deux précédentes productions, fort sombres.

"Don Pasquale" – Donizetti

Note : 4/5

Alain Altinoglu, direction musicale.

Laurent Pelly, mise en scène.

Jusqu’au 23/12 (double distribution): lamonnaie.be.

Soyons clairs: cet opéra bouffe de Gaetano Donizetti, créé en 1843, ne s’écarte pas de la pantalonnade à la sauce commedia dell’arte, avec un livret bateau. On peut donc le prendre au premier degré, celui d’un vieux barbon qui en pince pour une nymphette, mais aussi plaider pour le second, qui fait du rire l’ultime soin palliatif au naufrage de la vieillesse...

Écoutez l'introduction au spectacle par Rebecca Marcy (Soundcloud)

Pour le metteur en scène Laurent Pelly, la farce est cruelle, mais drôle, option qu’il assume en évitant le piège de la vulgarité. Le décor, sobre et astucieux de Chantal Thomas (son interview dans Tutti magazine) consacre le refus de toute esbroufe au profit du seul théâtre. On n’en savoure que davantage la direction d’acteurs. Tempérament de feu, la soprano Danielle De Niese habite sa Norina avec une énergie décoiffante, tandis que son barbon de mari doit à la basse Michele Pertusi une belle prestation scénique dans un rôle ingrat. Notre baryton Lionel Lhote, lui, taille un costume sur mesure à Malatesta, instigateur de cette mascarade. Quant au ténor Joel Prieto, prié de défendre ce dadais d’Ernesto, le timbre est velouté mais la prestation un peu irrégulière.

Le décor, sobre et astucieux de Chantal Thomas consacre le refus de toute esbroufe au profit du seul théâtre.

C’est l’un des rares (petits) bémols d’une production emballante – rythme, décors, voix, musique –, dont l’apparente évidence est le fruit d’un travail minutieux sur le plateau et dans la fosse. Épinglons le duo hilarant entre Malatesta et Don Pasquale, qui offre un grand moment de "canto sillabico", où les chanteurs, excités par l’orchestre, débitent la langue italienne à la vitesse d’un TGV transalpin.

Complice de chaque instant avec ses musiciens, Alain Altinoglu livre une direction millimétrée pour fusionner texte et musique dans un long éclat de rire... jaune! À l’image de la comédie humaine, ni toute blanche, ni toute noire.

Teaser | Le "Don Pasquale" de Laurent Pelly

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